Dimanche 17 août, le mouvement palestinien Hamas a rejeté le projet israélien de transférer des habitants de Gaza vers le sud de l’enclave. Pour l’organisation, cette relocalisation s’apparente à une « nouvelle vague de génocide et d’expulsions » qui s’acharne sur des centaines de milliers de personnes. Ses responsables disent que l’installation annoncée de tentes et de structures d’accueil n’est qu’une « mise en scène » destinée à masquer une opération militaire d’envergure.
De son côté, l’armée israélienne affirme vouloir préparer des zones sécurisées afin d’évacuer les civils de Gaza City, avant une nouvelle offensive prévue dans le nord de la bande de Gaza, la principale zone urbaine du territoire.
Encore des morts…
Le gouvernement israélien a confirmé son intention de lancer une opération militaire pour reprendre le contrôle de Gaza City, qualifiée de « dernier bastion » du Hamas. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a assuré que les civils seraient déplacés vers des zones « sûres » avant l’assaut.
Mais pour Hamas, cette promesse n’est qu’un écran de fumée destiné à « couvrir un crime brutal en préparation ».
Un porte-parole du Bureau de la coordination humanitaire de l’ONU a reconnu que l’arrivée de tentes répond à un besoin pressant, tout en avertissant que déplacer des populations déjà fragilisées risque d’aggraver une situation humanitaire « intenable ».
Depuis le 7 octobre 2023, date de l’attaque sanglante menée par Hamas dans le sud d’Israël (1 200 morts et 251 otages selon les autorités israéliennes), la riposte israélienne a provoqué des destructions massives et un bilan effrayant. Plus de 61 000 Palestiniens ont été tués, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé de Gaza.
Rien qu’au cours des dernières 24 heures, 47 personnes ont trouvé la mort, dont 14 qui attendaient une aide alimentaire. Le nombre de victimes liées à la recherche de nourriture a déjà dépassé 1 900 depuis la fin mai, un chiffre qui illustre l’ampleur de la faim dans le territoire.
Un enfant sur cinq souffre désormais de malnutrition aiguë, d’après l’ONU. Les longues files d’attente devant les cuisines solidaires sont devenues une scène quotidienne. « Si je ne reçois pas de repas ce matin, je dois revenir le soir pour espérer nourrir mes enfants », confiait Zeinab Nabahan, déplacée du camp de Jabalia.
La population israélienne n’accepte pas les dernières décisions
Des dizaines de milliers de manifestants se rassemblent régulièrement à Tel-Aviv, Jérusalem et dans d’autres villes pour réclamer la fin de la guerre et surtout la libération des otages encore retenus à Gaza. Le Forum des familles de disparus appelle même à « mettre le pays à l’arrêt » pour obliger le gouvernement à conclure un accord.
Mais le Premier ministre Netanyahu rejette ces pressions. Lors d’une réunion de cabinet, il a accusé les protestataires de « renforcer Hamas » et de « retarder la libération des captifs ». Son ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a été encore plus virulent, estimant que les manifestations « enterrent les otages dans les tunnels » en poussant Israël à « céder à ses ennemis ».
La police a procédé à plusieurs arrestations et renforcé son dispositif. Malgré cela, l’opposition encourage la mobilisation. Selon le Times of Israel, près d’un million de personnes pourraient défiler dans la seule journée de dimanche à Tel-Aviv.
Des médiateurs égyptiens et qataris s’activent pour tenter de relancer les discussions. Pour Haaretz, ils prépareraient une proposition de cessez-le-feu « progressif », inspirée d’un schéma déjà évoqué par les États-Unis. L’idée serait d’obtenir un accord partiel, même si la libération totale des otages reste la condition fixée par Israël pour toute trêve.


