L’Association du corps préfectoral et des hauts fonctionnaires du ministère de l’Intérieur a décidé de passer à l’offensive. Mardi, elle a annoncé avoir saisi le procureur de Paris pour déposer plainte contre Jean-Luc Mélenchon. Il accusent le fondateur de La France insoumise d’avoir proféré des menaces.
Dans un communiqué ferme, l’organisation explique que les préfets « n’agissent que dans le cadre de la Constitution et de la loi » et qu’ils ne se laisseront pas impressionner par les déclarations du tribun de gauche.
Des propos de Mélenchon qui font (encore) scandale
Tout est parti d’une intervention de Mélenchon le 22 août, lors des universités d’été de LFI à Châteauneuf-sur-Isère. Devant ses militants, il s’est attaqué aux préfets qui multiplient les procédures judiciaires contre des députés ayant accusé la police de violences. « Le devoir du préfet est de servir et d’obéir à la loi. Et la loi, c’est celui qui se tait (…) Nous vous mettrons en prison avant que vous nous y mettiez », a-t-il lancé.
Pour l’ACPHFMI, il ne s’agit plus de simples excès de langage mais d’une menace directe contre des représentants de l’État.
Ces derniers mois, les relations entre La France insoumise et plusieurs préfets se sont durcies. Fin août, Philippe Court, préfet du Val-d’Oise, et Laurent Nuñez, préfet de police de Paris, avaient déjà porté plainte contre deux députés insoumis, Aurélien Taché et Aly Diouara, après leurs déclarations accusant la police de « tuer ».
Pour les préfets, la répétition de ces attaques franchit désormais une ligne rouge. Ils affirment vouloir défendre leur honneur et rappeler qu’ils agissent sous l’autorité du gouvernement, et non selon des logiques partisanes.
Un duel politique avec le ministère de l’Intérieur en arrière-plan
Les propos de Mélenchon ont immédiatement trouvé un relais au sommet de l’État. Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, a dénoncé « le vrai visage d’un leader d’extrême gauche factieux, qui veut détruire nos institutions ». Ce vocabulaire est absolument martial.
L’Association du corps préfectoral, fondée en 1945, rappelle qu’elle existe précisément pour défendre les intérêts moraux et professionnels de ses membres. Elle revendique plus de 700 adhérents, parmi lesquels la quasi-totalité des préfets en activité. Aujourd’hui présidée par Pierre-André Durand, préfet d’Occitanie et de la Haute-Garonne, elle veut montrer que l’ensemble du corps préfectoral fait bloc face à Mélenchon.


