Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a lancé un avertissement ce dimanche : les États-Unis sont prêts à renforcer la pression économique sur la Russie pour la forcer à négocier. Il a exhorté les Européens à agir de concert avec Washington. Ses propos interviennent alors que l’Ukraine vient de subir la frappe aérienne la plus violente depuis le début de la guerre, qui a coûté la vie à cinq personnes dans la nuit de samedi à dimanche.
« Nous parlons avec nos partenaires européens de ce que nous pouvons faire ensemble », a déclaré Bessent sur la chaîne NBC. « Nous sommes prêts à intensifier la pression sur la Russie, mais nous avons besoin que nos alliés en Europe nous suivent. »
Bessent à Bruxelles
Bessent a révélé que le vice-président américain JD Vance avait eu vendredi un échange « très productif » avec Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Lui-même s’est entretenu avec elle peu après. Washington cherche manifestement à obtenir un front commun avec Bruxelles pour durcir les sanctions économiques contre Moscou.
Donald Trump, qui avait promis en arrivant à la Maison Blanche en janvier qu’il mettrait rapidement fin à la guerre, s’impatiente. Le président américain s’agace du maintien des combats et de ce qu’il perçoit comme des failles dans le soutien européen à l’Ukraine.
Les hydrocarbures au cœur du bras de fer
La Maison Blanche cible désormais les acheteurs étrangers d’hydrocarbures russes. L’Inde, l’un des plus gros clients de Moscou, a déjà été frappée par une surtaxe de 25 % sur ses exportations vers les États-Unis. Une décision qui a déclenché la colère de New Delhi.
Trump reproche également aux pays de l’Union européenne de continuer à importer du pétrole russe. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé jeudi que son homologue américain était « très mécontent » de ces achats qui, selon lui, alimentent directement l’effort de guerre de Moscou.
Bessent veut frapper plus fort
Pour le ministre américain des Finances, la stratégie est simple : couper les ressources de la Russie jusqu’à ce que son économie cède. « Si les États-Unis et l’Union européenne imposent davantage de sanctions et des droits de douane aux pays qui achètent le pétrole russe, l’économie russe s’effondrera. Et cela obligera le président Poutine à venir à la table des négociations », a insisté Bessent.
Il prévient toutefois que le temps joue contre les Ukrainiens : « C’est une course entre la capacité de l’armée ukrainienne à tenir et la résistance de l’économie russe. »
Une guerre qui s’enlise
Plus de deux ans après le début de l’invasion, Washington peine à voir une sortie de conflit. Trump a jusqu’ici évité d’annoncer de nouvelles sanctions contre Moscou, mais il a multiplié les mesures punitives contre d’autres pays jugés trop proches du Kremlin. Sa stratégie reste floue : d’un côté, il espère provoquer l’asphyxie économique de la Russie ; de l’autre, il se garde d’élargir son arsenal de sanctions à la Chine, autre acheteur majeur de pétrole russe.
Pendant ce temps, l’Ukraine encaisse les coups. L’attaque aérienne de ce week-end, la plus meurtrière depuis le début de la guerre, rappelle à quel point le conflit est loin d’être gelé. Et elle donne plus de poids encore à l’appel lancé par Scott Bessent : serrer l’étau économique autour de Moscou avant que la lassitude ne gagne les alliés de Kiev.


