Lors de sa visite aux États-Unis en février, le Premier ministre Keir Starmer avait transmis une invitation pour une seconde visite d’État de Donald Trump au Royaume-Uni, un événement que Starmer a qualifié d’« historique » et de « sans précédent ».
Le président Donald Trump et la Première dame Melania Trump sont arrivés à l’aéroport de Stansted le 17 septembre, rencontrant un nouveau chef d’État ainsi qu’un Premier ministre d’un parti différent de celui en fonction lors de sa première visite.
Bien que les deux dirigeants aient mis en avant la « relation spéciale » entre leurs pays, la popularité de Trump au Royaume-Uni reste inférieure à celle de n’importe quel responsable politique britannique. Selon une enquête de More in Common, trois Britanniques sur cinq ont une opinion négative de Donald Trump, et les deux dirigeants ne parviennent pas à s’accorder sur tous les sujets.
Londres dit non à Trump
Le 17 septembre, des manifestants se sont rassemblés à Parliament Square pour protester contre son arrivée. Des pancartes portant des slogans comme « stop au racisme » ou « Trump persona non grata » étaient brandies devant des bâtiments gouvernementaux. La police métropolitaine a estimé qu’environ 5 000 personnes ont défilé dans Londres dans le cadre de la coalition Stop Trump. Plus de 1 600 agents ont été mobilisés, bien qu’aucune arrestation n’ait eu lieu.
Les manifestants s’opposaient particulièrement à la politique trumpiste, au casier judiciaire de l’ancien président et à ses liens avec le pédophile condamné Jeffrey Epstein. Quatre personnes ont cependant été arrêtées pour « communications malveillantes » et « troubles à l’ordre public » après avoir projeté des images de Trump et d’Epstein sur les murs du château de Windsor, où Trump résidait durant sa visite. Ces projections provenaient d’une chambre d’hôtel voisine, occupée par des membres du collectif Led by Donkeys. Les quatre militants ont depuis été remis en liberté sous caution.
La famille royale accueille Trump
À son arrivée, Trump a d’abord rencontré la famille royale et rendu hommage à la défunte reine Élisabeth II en déposant une gerbe sur sa tombe.
Il a ensuite passé en revue la garde d’honneur aux côtés du roi à Windsor, ce dernier plaisantant en lui disant de « faire attention à l’épée » lorsqu’un soldat changeait de position.
Le soir même, un banquet somptueux a été donné en son honneur au château, réunissant 160 invités autour d’un menu gastronomique français. Trump a qualifié la visite de « l’un des plus grands honneurs de [sa] vie », affichant ainsi son respect pour la monarchie. Le roi a de son côté souligné l’importance de la relation bilatérale, rappelant qu’il avait toujours « chéri les liens étroits entre les peuples britannique et américain ».
La liste des convives comptait de nombreux grands patrons tels que Sam Altman (OpenAI), Tim Cook (Apple) ou encore Jensen Huang (Nvidia).
Le monde des affaires a croisé celui de la politique : la chancelière Rachel Reeves et la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper étaient présentes, tout comme Keir Starmer et la cheffe des Conservateurs Kemi Badenoch, qui ont accueilli le président. En revanche, le chef des Libéraux-démocrates Ed Davey a boycotté l’événement, affirmant : « Personnellement, je ne pense pas qu’il incarne le meilleur des valeurs américaines. »
Un échange politique très important pour le vieux continent
Après son accueil royal, Trump a rencontré Starmer dans la résidence de campagne du Premier ministre à Chequers, dans le Buckinghamshire. Les deux dirigeants ont tenu une conférence de presse confirmant la conclusion d’un accord technologique prévoyant 150 milliards de livres sterling d’investissements, créant environ 7 600 emplois. Cet accord concerne l’intelligence artificielle, le nucléaire et l’informatique quantique, avec des géants comme Google, Microsoft et Nvidia engagés à investir des milliards.
Les deux dirigeants ont également affiché leur unité en condamnant les actions de la Russie en Ukraine et les incursions de drones en Pologne. Trump a reconnu qu’il estimait que Poutine l’avait « vraiment déçu », se montrant fermé à tout pourparler de paix et demeurant agressif. Le président a suggéré qu’il imposerait de lourdes sanctions à la Russie, exigeant que tous les membres de l’OTAN cessent d’acheter du pétrole russe.
Lors du banquet, le roi a également insisté sur l’importance de l’alliance avec les États-Unis : « Alors que la tyrannie menace une fois encore l’Europe, nous et nos alliés nous tenons unis aux côtés de l’Ukraine pour dissuader l’agression et garantir la paix. »
D’autres sujets ont cependant été plus difficiles. Trump a exprimé son « désaccord » avec la volonté du gouvernement britannique de reconnaître l’État palestinien. Ces dernières semaines, Starmer a dénoncé les blocages empêchant l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza. Trump, de son côté, a refusé de commenter ses relations avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, se contentant d’exiger la libération des otages. Il s’est toutefois montré plus réceptif à l’argument de Starmer selon lequel cette reconnaissance n’était qu’« une étape vers un plan de paix » au Moyen-Orient.
Enfin, Trump a pris soin de se distancer de toute association avec l’ex-ambassadeur américain Peter Mandelson, limogé la semaine précédente en raison de ses liens avec Epstein, également ancien ami de Trump. Interrogé à ce sujet par un journaliste, le président a rapidement transféré la question à Starmer en déclarant : « Je ne le connais pas, en fait. »


