Le Jihad islamique palestinien, allié du Hamas, a annoncé samedi qu’il se rangeait derrière la position du mouvement islamiste concernant le plan proposé par Donald Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza. Cette déclaration pourrait ouvrir la voie à un accord permettant la libération des otages israéliens toujours détenus par les deux groupes.
Dans un communiqué, l’organisation soutenue par l’Iran a expliqué : « La réaction du Hamas au plan de Trump reflète la position des factions de la résistance palestinienne, et le Jihad islamique a participé aux discussions qui ont conduit à cette décision. » Le Hamas avait déjà accepté vendredi plusieurs points clés du document américain, notamment l’arrêt des combats, le retrait israélien et l’échange de prisonniers.
Un espoir de paix relancé
Dans la bande de Gaza, où les habitants ont vu défiler des initiatives de cessez-le-feu restées sans lendemain, la nouvelle a été accueillie avec un mélange de soulagement et de scepticisme.
« C’est une bonne nouvelle, cela sauve ceux qui sont encore vivants. Merci, mon Dieu, qu’ils aient accepté. Nous n’en pouvons plus, nous sommes épuisés », confie Saoud Qarneyta, 32 ans.
Mais d’autres restent méfiants, craignant que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, bloque encore une fois le processus. « Maintenant que le Hamas a accepté, il va sûrement refuser. C’est ce qu’il fait toujours », redoute Jamal Shihada, habitant de Jérusalem.
Alors que Washington a pressé Israël de cesser ses bombardements, l’armée israélienne a continué à frapper samedi matin, même si l’intensité des raids était moindre que les jours précédents. Selon les autorités locales, six personnes ont été tuées : quatre dans une maison de Gaza-Ville, et deux autres à Khan Younis, dans le sud.
L’armée israélienne a averti les habitants de Gaza de ne pas se rendre vers le nord de l’enclave, qualifié de « zone dangereuse ». Mais plusieurs médias israéliens ont rapporté que l’état-major avait reçu l’ordre de réduire les opérations offensives et de préparer la mise en œuvre du premier volet du plan de Trump, à savoir la libération des otages.
Des hommes politiques qui veulent reprendre la main là-dessus
Donald Trump, qui s’est posé en artisan indispensable de la paix, avait donné au Hamas jusqu’à dimanche pour accepter son plan de 20 points, faute de quoi des « conséquences graves » devaient suivre. Après l’annonce de l’accord du Hamas, il a salué « un pas vers une paix durable » et appelé Israël à « arrêter immédiatement les bombardements pour permettre la libération rapide des otages ».
Le président américain investit une grande partie de son capital politique dans ce dossier, espérant mettre fin à une guerre qui dure depuis deux ans, a fait des dizaines de milliers de morts à Gaza et fragilise l’image d’Israël sur la scène internationale.
À l’intérieur du pays, Netanyahu est de plus en plus isolé. Les familles d’otages réclament depuis des mois des négociations directes pour obtenir le retour de leurs proches. Dans le même temps, son opinion publique, épuisée par un conflit sans fin, pousse pour un accord, tandis que ses alliés les plus radicaux au gouvernement refusent toute concession et réclament la poursuite de l’offensive.
Depuis l’attaque du 7 octobre 2023, qui a fait environ 1 200 morts en Israël et 251 otages emmenés à Gaza, l’armée israélienne a mené une campagne dévastatrice dans l’enclave. Selon le ministère de la Santé à Gaza, plus de 66 000 personnes ont été tuées, en majorité des civils, et les restrictions d’aide humanitaire ont provoqué une famine dans plusieurs zones.


