Et si l’Ukraine avait trouvé son propre Tomahawk en mieux ?
Présenté en août dernier, le Flamingo, un missile de croisière conçu par l’entreprise ukrainienne Fire Point, intrigue autant qu’il impressionne. D’après une enquête d’Independent, ses performances dépasseraient celles du célèbre missile américain : 3 000 km de portée contre 1 500 km, 1 100 kg d’ogive contre 500 kg, et une vitesse de 950 km/h, supérieure à celle de son rival.
Mais ce n’est pas tout. L’arme, testée à neuf reprises sur le champ de bataille, est bien moins chère à produire : environ 500 000 dollars l’unité, contre près de 2 millions pour un Tomahawk. Pour un pays épuisé par la guerre, le calcul est vite fait.
L’ingéniosité ukrainienne avant la bureaucratie
Derrière le Flamingo, on retrouve une philosophie simple : faire avec les moyens du bord.
« Quand on vous braque une arme sur la tempe, on ne pense pas aux normes. On veut juste que ça marche », explique Iyna Terekh, directrice technique de Fire Point. Les ingénieurs ont même utilisé des pièces récupérées dans des décharges soviétiques pour le moteur.
L’entreprise, qui produisait autrefois des décors de cinéma, s’est réinventée depuis le début de la guerre pour concevoir une arme 100 % ukrainienne, libre de toute contrainte de l’OTAN.
Et c’est sans doute là que réside le plus grand atout du Flamingo : Kiev peut l’utiliser sans dépendre des États-Unis ni attendre l’aval de ses alliés. « L’Ukraine peut frapper n’importe quelle cible sans autorisation étrangère », résume le Independent.
Le Flamingo est-il “trop beau pour être vrai” ?
Le Kyiv Independent s’interrogeait récemment : le Flamingo n’est-il pas “trop beau pour être vrai” ?
Concevoir un missile de croisière aussi performant prend normalement entre dix et vingt ans. Fire Point n’en a eu besoin que de deux. De quoi éveiller le scepticisme d’experts occidentaux, qui veulent voir des preuves concrètes de son efficacité à grande échelle.
Pour l’instant, les tests sur le front ont confirmé que le missile fonctionnait. Mais la vraie question reste la capacité de production. Fire Point affirme en fabriquer 50 par mois, avec un objectif de 200 d’ici fin 2025. Si cette cadence est tenue, l’Ukraine pourrait disposer d’un arsenal inédit face à la Russie.
Pendant ce temps, Moscou contre-attaque
Pendant que Kiev fait parler de ses innovations, Moscou dénonce une “provocation”.
Les services russes (FSB) affirment avoir déjoué un complot ukraino-britannique visant à détourner un avion de chasse MiG-31 armé d’un missile hypersonique Kinjal.
Selon eux, des agents ukrainiens auraient tenté de recruter des pilotes russes, leur offrant trois millions de dollars et la promesse d’un passeport occidental.
Le plan, d’après le FSB, consistait à faire atterrir l’appareil sur une base de l’OTAN en Roumanie, avant de le détruire. Une version difficile à vérifier, mais qui illustre le climat de méfiance totale entre les deux camps.
En “réponse”, Moscou affirme avoir lancé des frappes de missiles Kinjal contre des sites militaires ukrainiens à Brovary et Starokostiantyniv.


