Après quelques jours de pause liés aux fêtes de fin d’année, la mobilisation agricole s’apprête à reprendre de manière visible dès ce lundi 5 janvier 2026.
En Normandie comme dans la Manche, les syndicats agricoles annoncent plusieurs actions dans les jours à venir, signe que la colère du monde paysan reste intacte. En ligne de mire : le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, jugé profondément défavorable aux agriculteurs français.
Le pont de Normandie comme symbole de la colère agricole
C’est sur le pont de Normandie que les Jeunes agriculteurs (JA) ont choisi de lancer cette nouvelle phase de mobilisation. À la mi-journée, un blocage partiel de l’ouvrage est prévu, présenté comme une « mobilisation d’ampleur régionale ». Le syndicat appelle l’ensemble de ses adhérents à se joindre à l’action, qui vise à la fois à peser sur le débat autour du Mercosur et à afficher une solidarité interne très appuyée.
Cette mobilisation intervient en soutien à cinq membres des JA de Seine-Maritime, dont leur président, interpellés le 26 décembre dernier à Rouen après avoir bâché un radar. Placés en garde à vue puis relâchés, ces militants ont vu leur arrestation vécue comme une provocation par leur organisation. Dans un communiqué au ton dur, les Jeunes agriculteurs dénoncent un « affront » et promettent de ne rien oublier de cet épisode.
La FDSEA de Seine-Maritime a annoncé qu’elle se joindrait à la mobilisation sur le pont de Normandie. Le syndicat majoritaire entend également dénoncer la taxe européenne sur les engrais azotés ainsi que les inquiétudes persistantes autour du prochain budget de la Politique agricole commune. Les aides de la PAC constituent en effet un pilier essentiel de l’équilibre économique de nombreuses exploitations, et toute perspective de réduction alimente un climat de forte tension.
Différentes approches pour différents syndicats
Tous les syndicats ne suivent toutefois pas le même calendrier. La Coordination rurale a choisi de temporiser, préférant organiser une action le jeudi 8 janvier au rond-point des vaches, à Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen. Une opération escargot y est envisagée pour dénoncer, en plus de l’accord avec le Mercosur, la gestion sanitaire des élevages touchés par la dermatose nodulaire, et notamment l’abattage systématique des troupeaux contaminés.
Du côté de la Confédération paysanne, aucune action n’est pour l’instant programmée en Seine-Maritime, malgré un appel national à une reprise massive des mobilisations. Un responsable syndical reconnaît une certaine dispersion, tout en relativisant : selon lui, la multiplication d’initiatives locales, même désorganisées en apparence, peut contribuer à maintenir une pression politique efficace.


