Le Portugal s’apprête à vivre un second tour présidentiel rare dans son histoire démocratique. Selon les résultats partiels et les sondages de sortie des urnes publiés dimanche 19 janvier, le socialiste António José Seguro est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle, devançant le leader de l’extrême droite André Ventura. Les deux hommes s’affronteront lors d’un second tour prévu le 8 février prochain.
Depuis la fin de la dictature salazariste, en 1974, un second tour n’a été nécessaire qu’une seule fois, en 1986.
Des résultats serrés pour ces présidentielles…
Après le dépouillement d’environ 80 % des bulletins, António José Seguro recueille un peu plus de 30 % des suffrages, et André Ventura atteint près de 25 %. Les résultats définitifs restent suspendus au dépouillement des grandes villes, Lisbonne et Porto, traditionnellement comptabilisées en dernier.
Même si la fonction présidentielle est essentiellement honorifique au Portugal, le chef de l’État dispose de prérogatives importantes comme la possibilité de dissoudre le Parlement ou de convoquer des élections législatives anticipées.
André Ventura, figure centrale d’une extrême droite décomplexée
La qualification d’André Ventura pour le second tour marque une nouvelle étape dans l’ascension du parti Chega (« Assez ! »), fondé en 2019. Longtemps marginalisée, l’extrême droite portugaise n’était jamais parvenue à s’imposer durablement dans les urnes depuis la chute du régime autoritaire d’António de Oliveira Salazar.
En mars 2024, Chega avait déjà créé la surprise en se hissant à la troisième place des élections législatives, avec plus de 18 % des voix, derrière la droite modérée et les socialistes. La présidentielle confirme cette dynamique. André Ventura s’appuie sur un discours populiste et antisystème, et cible les jeunes électeurs, les classes populaires et les citoyens lassés des alternances politiques classiques.


