Washington, 26 février 2026 – Le Parisien Matin, Le département du Trésor américain a déclenché jeudi une procédure rarissime visant à exclure la banque suisse MBaer Merchant Bank AG du système financier en dollars. Dans le cadre de nouvelles Sanctions financières agressives, Washington accuse l’établissement d’avoir facilité le blanchiment de centaines de millions de dollars pour des acteurs liés à l’Iran, à la Russie et au Venezuela. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a affirmé que MBaer aurait notamment servi de relais financier pour les Gardiens de la Révolution iraniens. Cette décision, si elle est finalisée après une période de consultation de 30 jours, interdirait à toute institution américaine de maintenir des comptes de correspondance avec MBaer, signifiant la mort économique internationale de la banque privée zurichoise.
Le Trésor américain cible l’intégrité de la banque suisse
La décision, annoncée ce jeudi, marque l’utilisation la plus puissante de l’autorité réglementaire contre une entité financière helvétique ces dernières années. En proposant une règle qui interdirait de fait aux institutions financières américaines de maintenir des comptes pour la banque MBaer, Washington utilise sa « peine de mort financière ». Le cœur de la stratégie repose sur la dominance mondiale du dollar, garantissant que toute banque sous de telles sanctions financières devient radioactive pour ses partenaires internationaux.
Allégations de blanchiment d’argent iranien et russe
Le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) a publié un rapport détaillé alléguant que la banque a facilité le mouvement de plus de 100 millions de dollars pour des acteurs frappés par des mesures restrictives. Ces transactions seraient liées au Corps des Gardiens de la révolution islamique et à divers réseaux russes. La mise en œuvre de ces sanctions financières sert d’avertissement : les États-Unis ne toléreront plus d’intermédiaires « neutres » offrant un voile au terrorisme d’État ou à l’évasion des restrictions internationales.
Le rôle des réseaux de corruption vénézuéliens
Au-delà du Moyen-Orient et de l’Europe de l’Est, le Trésor allègue que la banque a joué un rôle pivot dans le blanchiment de produits issus de la corruption vénézuélienne. Des audits internes suggèrent que des employés de l’établissement auraient sciemment aidé à structurer des transactions pour contourner les filtres de conformité standards. Cette violation multidimensionnelle du droit international a rendu l’application de sanctions financières inévitable pour protéger le système monétaire.

Un coup dur pour le secteur de la gestion de fortune à Zurich
La banque MBaer, dirigée par Michael Baer, gère environ 3,5 milliards de francs suisses. Bien que l’établissement n’ait pas encore publié de réfutation formelle, la simple annonce de sanctions financières imminentes déclenche souvent un exode massif de clients. Pour une société de gestion, l’incapacité à traiter des transactions en USD interrompt les opérations sur la plupart des marchés mondiaux, menaçant la continuité même de l’entreprise.
« MBaer a fait transiter plus de cent millions de dollars par le système financier américain pour le compte d’acteurs illicites liés à l’Iran et à la Russie. » – Scott Bessent, Secrétaire au Trésor des États-Unis.
Pour l’Europe et le secteur financier, l’annonce américaine contre MBaer Merchant Bank AG dépasse largement le cas d’un petit établissement zurichois : elle révèle une fois de plus la prééminence du dollar comme levier géopolitique et la capacité des États-Unis à influencer les standards mondiaux de conformité et de transparence bancaire, même sur le sol européen. En classant cette banque comme un « risque majeur de blanchiment », Washington rappelle que toute institution, quelle que soit sa taille, peut voir son accès au système financier mondial compromis si elle est perçue comme facilitatrice d’acteurs illicites – un signal fort qui pourrait pousser les régulateurs européens à durcir leurs propres contrôles AML/KYC. À terme, cette affaire pourrait encourager Paris, Francfort ou Bruxelles à renforcer la coopération réglementaire au sein de l’UE pour réduire la dépendance excessive au dollar et protéger leur intégrité financière face aux sanctions extraterritoriales américaines.
La FINMA et la réponse réglementaire helvétique
L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) a confirmé être en contact étroit avec les autorités américaines. Bien que la FINMA ait conclu sa propre enquête il y a trois semaines, un recours pendant de la banque devant le Tribunal administratif fédéral avait temporairement bloqué l’exécution locale. Cependant, les sanctions financières unilatérales des États-Unis fonctionnent indépendamment des calendriers judiciaires nationaux, créant un mouvement de tenaille sur l’établissement assiégé.
Le précédent ABLV dans le milieu bancaire européen
Les analystes de marché établissent déjà des parallèles avec la banque lettone ABLV, qui s’est effondrée quelques jours après avoir été ciblée par le Trésor américain en 2018. Ce précédent a démontré qu’une fois que les États-Unis signalent leur intention d’imposer des sanctions financières, les dommages réputationnels sont souvent terminaux. La période de consultation de 30 jours offerte par le FinCEN est considérée par beaucoup comme une dernière fenêtre pour que la banque liquide ses affaires courantes.
Impact sur les relations de correspondance bancaire
La modification réglementaire proposée se concentre sur les comptes de correspondance, qui sont le moteur des transferts internationaux. Si elle est finalisée, aucune banque américaine ne pourra légalement interagir avec l’entité visée. Cet usage de sanctions financières isole efficacement l’établissement du monde occidental, forçant les actifs restants vers des canaux financiers plus obscurs et moins liquides.
Protéger l’intégrité du dollar américain
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a souligné que cette mesure vise à protéger le système financier américain contre les « acteurs illicites ». En appliquant des sanctions financières à une entité régulée en Suisse, les États-Unis signalent qu’aucune juridiction n’est à l’abri d’une surveillance si elle manipule de la monnaie américaine. Cette initiative devrait contraindre d’autres banques de taille moyenne à durcir radicalement leurs protocoles de vérification.
La conformité comme nécessité géopolitique mondiale
Dans une ère de politique mondiale fragmentée, la définition du risque passe du purement financier au profondément géopolitique. Les sanctions financières contre la banque MBaer soulignent comment les banques sont désormais des acteurs de première ligne dans les conflits internationaux. L’échec à identifier un seul bénéficiaire effectif lié à un régime sous embargo peut désormais conduire à la dissolution totale d’une institution financière.
La finalité de la guillotine financière américaine
Alors que la fenêtre de 30 jours s’ouvre, la communauté bancaire mondiale observe attentivement. Le message de Washington est clair : la conformité n’est pas une suggestion, mais une condition de survie. Sous le régime actuel de sanctions financières, la frontière entre banque privée et sécurité nationale s’est complètement évaporée, ne laissant aucune place à l’erreur dans le monde de la haute finance internationale.
L’imprévisibilité de l’arsenal réglementaire transatlantique
Ce qui rend cette affaire unique, c’est la vitesse à laquelle l’administration américaine a agi pour court-circuiter les procédures locales. Alors que la Suisse tentait de gérer le dossier via ses propres tribunaux, l’imposition de ces mesures par le Trésor américain montre que Washington considère désormais les délais judiciaires européens comme un risque de sécurité nationale. Pour les investisseurs, cela signifie que la sécurité d’une institution ne dépend plus uniquement de sa licence locale, mais de son alignement total avec les exigences américaines. Cette approche redéfinit la souveraineté financière en plaçant le dollar au-dessus des codes juridiques nationaux.
Souveraineté helvétique face à l’hégémonie du billet vert
L’affaire pose une question fondamentale sur l’avenir de la place financière suisse : peut-on encore parler de neutralité bancaire au XXIe siècle ? Lorsque le Trésor américain décide de frapper, les lois locales semblent peser bien peu face à la réalité technique de l’exclusion des circuits de paiement mondiaux. La banque MBaer devient ainsi le symbole d’une ère où la transparence totale est l’unique bouclier contre l’effacement pur et simple du paysage économique mondial.



