Téhéran, 29 mars 2026 – Le Parisien Matin, La coupure internet en Iran atteint désormais son 30ᵉ jour, isolant des millions de citoyens dans la capitale et au-delà. Les réseaux étrangers sont bloqués, les appels internationaux instables, et seule la télévision d’État fournit des informations limitées. Cette situation, justifiée par le gouvernement pour des « raisons de sécurité », affecte profondément la vie quotidienne et l’économie locale, avec des pertes importantes pour les entreprises dépendant des échanges internationaux. Les Iraniens doivent composer avec un stress permanent et un isolement prolongé. La coupure internet révèle également les tensions croissantes entre contrôle étatique et accès à l’information, bouleversant le quotidien et la communication familiale.
Isolement inédit à Téhéran
La coupure internet en Iran a atteint un niveau historique, isolant des millions de citoyens du pays depuis plus d’un mois. Depuis le début du conflit avec les États-Unis et Israël, l’accès à Internet est quasi inexistant, laissant la population coupée d’informations fiables et de communications internationales. Le groupe NetBlocks indique que le réseau iranien fonctionne désormais à moins de 1 % de sa capacité normale. Cette situation plonge les Iraniens dans un isolement sans précédent, où le seul accès à l’information provient de la télévision d’État et des communications limitées par téléphone.
Arshia, responsable marketing à Téhéran, raconte : « Être sans Internet est vraiment difficile. Même les chaînes étrangères sont coupées, nous n’avons accès qu’aux informations de la télévision d’État. Nous recevons parfois des nouvelles par téléphone via nos proches, mais c’est très compliqué et stressant. » Cette déclaration illustre parfaitement l’impact humain et psychologique de la coupure internet sur les habitants, qui doivent composer avec une absence quasi totale d’informations extérieures.
Impact social et humanitaire
La coupure internet en Iran provoque une véritable crise sociale. Les Iraniens ne peuvent plus communiquer librement avec l’étranger et sont limités à un réseau domestique strictement contrôlé par l’État. Les appels internationaux sont souvent interrompus après quelques secondes et l’accès aux plateformes globales reste bloqué. Cette situation fragilise le tissu social, crée un stress permanent et renforce l’anxiété collective. Les familles ne peuvent plus partager les traditions du Nowruz, le Nouvel An persan, accentuant le sentiment de détachement et d’isolement.
L’absence d’information indépendante empêche également la documentation de l’impact de la guerre sur la population civile et les infrastructures. Les citoyens sont contraints de se fier à des sources uniques, tandis que les groupes de surveillance et les ONG dénoncent une censure numérique sans précédent. La coupure internet limite aussi l’expression citoyenne et la possibilité d’organiser des mouvements collectifs, reproduisant un modèle déjà observé lors de précédentes restrictions dans le pays.

Impacts sur l’économie
Les effets de la coupure internet sur l’économie iranienne sont immédiats et sévères. Les entreprises dépendantes du commerce international, des réservations et des communications numériques subissent de lourdes pertes, certaines devant procéder à des licenciements massifs. Le secteur bancaire et les services liés à la mobilité restent partiellement opérationnels via l’intranet national, mais ces mesures ne compensent pas le déficit économique global. Les estimations parlent de pertes quotidiennes de plusieurs dizaines de milliards de rials. Les commerçants et travailleurs indépendants ressentent directement cette paralysie, aggravant la précarité et l’insécurité financière.
Le gouvernement iranien justifie la coupure internet par des « raisons de sécurité » et la nécessité de protéger les infrastructures critiques durant le conflit. Toutefois, les analystes soulignent que ces mesures servent aussi à contrôler le récit de la guerre et à limiter la dissidence. La coupure internet devient ainsi un instrument stratégique, renforçant le pouvoir central et encadrant strictement la diffusion des informations.
Conséquences humaines et internationales
La prolongation de la coupure internet en Iran illustre l’impact croissant de la maîtrise des réseaux sur la vie quotidienne et la perception du monde extérieur. Pour l’Europe et la France, cette situation soulève des questions sur la sécurité des infrastructures numériques et la protection de la liberté d’information dans un contexte de conflits géopolitiques. Les médias européens doivent repenser leur couverture en temps réel, car la dépendance aux sources locales devient quasi impossible. À plus long terme, l’isolement forcé pourrait favoriser la création de canaux alternatifs clandestins, accentuer la méfiance envers les autorités et compliquer la diplomatie internationale, tandis que la population subit un stress collectif inédit.
Étendue des mesures
Pour maintenir le contrôle, les autorités iraniennes multiplient les actions contre l’accès non autorisé à Internet, y compris les connexions par satellites comme Starlink. L’utilisation de solutions alternatives est fortement réprimée, avec des menaces de sanctions sévères et des confiscations de matériel. Cette approche transforme la population en une communauté fortement surveillée, où la liberté d’information est presque inexistante. La coupure internet devient alors un outil de régulation sociale et un moyen de réduire la capacité de la population à réagir face à la crise.
Le risque psychologique est également important. L’isolement prolongé, combiné à la pression de la guerre et à l’impossibilité d’obtenir des nouvelles fiables, engendre anxiété, stress et comportements de repli. Cette situation pourrait provoquer un traumatisme collectif, avec des effets durables sur la santé mentale de millions de personnes.


