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Home»France»Le Sénat vote le retour en Guyane des corps issus des zoos humains coloniaux
France

Le Sénat vote le retour en Guyane des corps issus des zoos humains coloniaux

Antoine MaesPar Antoine Maesmardi, 19 maiAucun commentaire5 Min Temps de lecture
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Groupe d'autochtones captifs dans les zoos humains à Paris
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PARIS, 19 mai (Le Parisien Matin) – Le Sénat français a voté à l’unanimité la restitution à la Guyane des dépouilles de six autochtones Kali’na décédés à Paris en 1892. Cette décision historique brise un vide juridique pour réparer la mémoire des victimes exhibées de force dans les zoos humains coloniaux.

Un vote historique au Sénat français

Les sénateurs français ont adopté à l’unanimité un projet de loi historique visant à restituer à la Guyane les dépouilles de six autochtones Kali’na. Ces hommes et ces femmes comptent parmi les nombreuses victimes oubliées des anciens zoos humains coloniaux. L’exposition forcée de ces personnes à la fin du dix-neuvième siècle constitue une page particulièrement sombre de l’histoire de la capitale. Le texte législatif répond enfin à une revendication mémorielle portée depuis de longues décennies par les communautés amérindiennes. En votant cette mesure, les parlementaires brisent un verrou juridique majeur pour reconnaître la dignité de ces êtres humains.

Le Jardin d’acclimatation a accueilli entre les années 1877 et 1931 une trentaine d’exhibitions ethnologiques majeures. Ces spectacles payants mettaient en scène des populations colonisées réduites à un statut d’objets de curiosité pour le public. L’Europe entière se pressait alors pour observer ces manifestations qui ont popularisé le concept tragique des zoos humains en Occident. Les visiteurs parisiens découvraient des familles entières présentées dans des enclos rudimentaires censés imiter la vie sauvage.

Le calvaire de la délégation de 1892

L’affaire remonte précisément à l’année 1892, lorsque des agents coloniaux ont recruté de force 33 amérindiens Kali’na et Arawak. Ce groupe comprenait des enfants, des adolescents et un nouveau-né, tous transportés par bateau vers la métropole. Dès leur arrivée, les captifs ont été installés dans un village dit traditionnel construit au cœur du parc d’attractions. La violence de ces zoos humains s’exprimait d’abord par les conditions de vie extrêmes imposées aux participants. Les autochtones devaient porter leurs tenues légères d’origine, même pendant les périodes les plus froides de l’hiver parisien.

Les archives médicales démontrent que huit membres de cette délégation ont rapidement succombé à des maladies respiratoires. Les germes étrangers et l’absence de soins adaptés ont décimé ces personnes capturées pour alimenter l’industrie des zoos humains d’époque. Après leur mort, la profanation s’est poursuivie à travers des pratiques prétendument scientifiques menées par des anthropologues. Un corps a subi une dissection immédiate tandis que des techniciens coulaient des moulages en plâtre sur les cadavres. Les ossements des six autres victimes ont été déterrés cinq ans plus tard pour intégrer les musées nationaux.

Musée parisien abritant les restes issus des zoos humains coloniaux

Une brèche politique dans le dogme des musées

Cette avancée législative soulève une problématique politique majeure pour la République : l’ambiguïté persistante du statut des citoyens d’outre-mer face à l’histoire coloniale. En esquivant temporairement le débat global par un texte ciblé, le Parlement évite de traiter l’immense inventaire de restes humains issus d’autres territoires intégrés, comme la Réunion ou les Antilles, toujours stockés dans les musées nationaux. Pour l’Europe, cette décision crée un précédent qui fragilise la doctrine d’inaliénabilité des collections publiques. Elle pousse les institutions culturelles occidentales à abandonner leur posture de neutralité scientifique pour adopter un rôle de réparation éthique, modifiant profondément les futures relations mémorielles globales.

La fin d’un piège juridique colonial

Pendant plus d’un siècle, l’administration française a conservé ces restes humains au sein des collections de l’État. Ces pièces anthropologiques étaient stockées dans les réserves du Muséum national d’Histoire naturelle, exclues de toute démarche de restitution. L’existence de ces collections constituait un héritage direct de l’idéologie raciste qui justifiait la création des zoos humains au siècle dernier. Les autorités scientifiques de l’époque utilisaient ces ossements pour théoriser une hiérarchie fallacieuse entre les différentes races humaines.

Le processus de rapatriement s’est longtemps heurté à un vide juridique paradoxal concernant les territoires d’outre-mer. La loi de décembre 2023 facilitait le retour des restes humains uniquement vers les pays étrangers souverains. La Guyane étant un département français, ses citoyens ne pouvaient pas utiliser cette procédure pour récupérer les victimes des zoos humains. Le nouveau projet de loi targeted efface cette anomalie en autorisant explicitement le transfert des corps en Guyane. Le texte accorde un délai d’un an pour restituer les restes de Pékapé, Counai, Emo-Marita, Mibipi, Makéré et Miacopo.

Le long combat pour la dignité

La naissance de cette loi est le résultat direct de l’action menée par l’association Moliko Alet+Po. Sa présidente, Corinne Toka-Devilliers, a découvert que son aïeule Moliko avait survécu par miracle à l’exhibition de 1892. Elle a consacré plusieurs années de recherche pour identifier ses ancêtres conservés anonymement dans des boîtes en carton gris. Son combat acharné visait à dénoncer le silence des institutions républicaines sur la mémoire douloureuse des zoos humains. En septembre 2024, une délégation guyanaise a obtenu le droit de réaliser des rites de purification au Musée de l’Homme.

« Naming them restores their humanity », a déclaré Corinne Toka-Devilliers pour exprimer son soulagement face aux sénateurs.

Les historiens rappellent que près de 35 000 personnes ont été exploitées à travers le monde dans ces zoos humains. Le vote unanime de la chambre haute marque une étape cruciale vers la réparation des préjudices coloniaux. L’Assemblée nationale doit désormais ratifier définitivement cette décision pour permettre aux familles d’organiser les funérailles amérindiennes traditionnelles. L’application de la loi permettra enfin de clore dignement l’histoire tragique de ces six personnes séquestrées dans les zoos humains parisiens.

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