Plusieurs pays convoquent les envoyés israéliens
Plusieurs gouvernements étrangers ont officiellement convoqué des envoyés israéliens ce mercredi à PARIS et dans d’autres capitales mondiales pour exprimer leur vive indignation après la diffusion d’une vidéo humiliante montrant des militants d’une flottille humanitaire interceptée. Cette vague de réprobations diplomatiques fait suite à la publication sur les réseaux sociaux d’une séquence filmée par le ministre de la Sécurité nationale d’Israël, Itamar Ben Gvir.
Les images montrent des dizaines de bénévoles internationaux les mains liées par des colliers de serrage en plastique, agenouillés et forcés de s’allonger face contre terre sur le pont métallique du port d’Ashdod. Le ministre d’extrême droite déambule au milieu des captifs en agitant un grand drapeau et en ironisant sur leur situation alors que résonne l’hymne national israélien. Face à ces agissements, de nombreuses chancelleries ont convoqué ces envoyés israéliens afin d’exiger des clarifications immédiates sur le traitement des civils détenus. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a vivement réagi sur les réseaux sociaux pour condamner fermement l’attitude du ministre envers les passagers.
Une indignation diplomatique mondiale
Le Premier ministre italien a déclaré :
« Les images du ministre israélien Ben Gvir sont inacceptables. Il est inacceptable que ces manifestants, dont de nombreux citoyens italiens, soient soumis à ce traitement qui viole leur dignité humaine »
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a également qualifié ces actes d’inacceptables et a réclamé la libération rapide de ses compatriotes. De son côté, la ministre canadienne des Affaires étrangères Anita Anand a annoncé la convocation de l’ambassadeur en qualifiant l’événement de profondément troublant.
Aux Pays-Bas, le chef de la diplomatie Tom Berendsen a confirmé que son gouvernement appellerait les envoyés israéliens pour protester contre cette violation caractérisée de la dignité humaine. Le Portugal, la Belgique et le Royaume-Uni ont entrepris des démarches similaires impliquant les envoyés israéliens pour signifier leur désapprobation face à la mise en scène de cette arrestation. Les militants faisaient partie de la flottille internationale Global Sumud, une coalition civile transportant de l’aide médicale à destination de la bande de Gaza. L’armée navale israélienne a encerclé et pris d’assaut les cinquante navires dans les eaux internationales, à environ 250 milles nautiques des côtes.

Une diplomatie européenne mise à l’épreuve par l’affront
Cette mise en scène d’Itamar Ben-Gvir marque un point de rupture profond dans les relations entre l’Europe et Tel-Aviv, transformant un incident maritime en un affront diplomatique direct. En humiliant publiquement des ressortissants européens, le ministre israélien a forcé des chancelleries d’ordinaire prudentes, comme Paris ou Rome, à s’extraire de leur neutralité habituelle pour défendre la souveraineté de leurs propres citoyens.
Ce glissement vers une politique de provocation théâtrale isole un peu plus Israël sur la scène internationale et fragilise les accords de coopération avec l’Union européenne. À long terme, cette crise légitime les appels aux sanctions économiques au sein de l’UE et radicalise le débat public en France, où la protection des droits humains fondamentaux s’entrechoque désormais avec les impératifs de la diplomatie d’État.
Les détails de l’interception en mer
Les organisateurs affirment que les forces armées ont tiré des balles en caoutchouc et ont procédé à l’enlèvement illégal de 428 volontaires de 44 nationalités différentes. Parmi les personnes capturées figurent des parlementaires européens, des médecins, des journalistes ainsi que la militante écologiste suédoise Greta Thunberg. La Turquie et l’Espagne ont qualifié cette opération de piraterie et demandent que les envoyés israéliens transmettent leurs vives protestations face à ces violations manifestes du droit international. Pour protester contre leur détention, au moins 87 militants séquestrés ont entamé une grève de la faim coordonnée au sein des centres de rétention.
La publication de cette vidéo a provoqué de vives tensions internes au sein même du gouvernement de coalition de Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre a désavoué son ministre de la Sécurité nationale en affirmant que ses provocations ne correspondaient pas aux valeurs de l’État. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a dénoncé un spectacle honteux ayant saboté les efforts diplomatiques et l’image extérieure du pays.


