ANTIBES, 19 août (Le Parisien Matin) – Dans la nuit du 18 au 19 août, une femme de 43 ans a été soupçonnée d’avoir égorgé son fils de 17 ans avant de tenter de tuer son mari, boulevard du Cap, alors que le couple était en instance de divorce.

L’alerte a été donnée vers 1h15 du matin. Le père de famille a prévenu les secours après avoir été réveillé par sa compagne qui tentait de le poignarder. Il s’est défendu, puis a inspecté l’appartement et a découvert le corps de l’adolescent dans sa chambre.

Les équipages de police arrivés rapidement ont trouvé un homme en état de choc, peinant à s’exprimer. Il a expliqué que « sa femme a tué leur fils avant de tenter de le poignarder », a appris Le Parisien. Les secours n’ont pu que constater le décès du jeune homme de 17 ans, qui présentait une profonde blessure à la gorge.

Après les faits, la suspecte a immédiatement pris la fuite de son domicile. Les forces de l’ordre l’ont retrouvée peu après au niveau de la plage de la Salis, dans l’eau. La scène s’apparentait à une tentative de suicide par noyade.

Selon les premiers éléments, la femme aurait « tenté de mettre fin à ses jours », a rapporté CNEWS. Une lettre d’adieu rédigée par la mère a été découverte au sein de l’appartement. Elle a été prise en charge par les secours et transportée à l’hôpital d’Antibes Juan-les-Pins en service de réanimation.

Des indices matériels saisis sur place

La police scientifique est intervenue dans l’appartement. Plusieurs armes blanches ont été retrouvées et saisies directement sur les lieux du crime.

L’adolescent a été attaqué alors qu’il se trouvait dans son lit, durant son sommeil, sans possibilité apparente de se défendre. Le père a été réveillé en sursaut alors que sa compagne essayait de le poignarder. Les enquêteurs ont indiqué que la femme aurait « égorgé son fils de 17 ans », a appris Le Parisien.

Le parquet de Grasse a été chargé de l’affaire. Les deux parents ont été formellement placés en garde à vue. Pour le père, il s’agit d’une procédure classique dans ce type de configuration à huis clos pour recueillir formellement sa déposition et écarter toute autre piste.

La mère de famille sera placée en garde à vue quand son état de santé le permettra. Le parquet devait communiquer dans les prochains jours sur les circonstances exactes de cette nuit.

Le drame a fait écho à un autre fait divers survenu à peine deux semaines plus tôt dans la même région. Le 3 août, un adolescent du même âge avait été étranglé par son père dans le quartier de la Madeleine à Nice, a souligné Nice-Matin.

Un engrenage connu des enquêteurs criminels

Au-delà du fait divers, ce drame d’Antibes réunit trois marqueurs que les magistrats et les enquêteurs de la Côte d’Azur rencontrent de plus en plus souvent.

D’abord, le contexte de séparation. L’instance de divorce n’est pas un détail de contexte, c’est le nœud de l’affaire. Dans les dossiers d’homicides intrafamiliaux, la rupture agit souvent comme un déclencheur, parce qu’elle cristallise le sentiment de perte de contrôle.

La lettre d’adieu retrouvée sur place, si elle est authentifiée, orienterait l’enquête vers un passage à l’acte prémédité et non une dispute qui a dégénéré.

Ensuite, la double garde à vue. Pour le public, elle surprend. Pour la procédure, elle est mécanique. Dans un huis clos sans témoin direct, les enquêteurs doivent figer les versions, sécuriser les constatations médico-légales et éviter toute contestation ultérieure sur la scène de crime.

Placer le père en garde à vue permet aussi de l’entendre avec des droits définis, notamment la présence d’un avocat, alors qu’il est à la fois victime, témoin principal et découvreur du corps.

Enfin, la répétition régionale. Deux mineurs de 17 ans tués par un parent en quinze jours entre Nice et Antibes, c’est un signal faible qui devient un signal fort.

Il ne s’agit pas d’établir un lien entre les deux affaires, mais de rappeler que la justice des mineurs et les dispositifs de repérage des violences intrafamiliales dans les Alpes-Maritimes sont sous tension depuis plusieurs mois, faute de relais psychiatriques rapides pour les familles en conflit aigu.

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