jeudi, 17 septembre Magazine

New York (Le Parisien Matin) 17 septembre 2026 – Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, et le Président de l’Assemblée générale de l’ONU, Khalilur Rahman, ont lancé jeudi un appel solennel à une action internationale renforcée pour contrer les discours de haine. Lors d’un événement de l’ONU axé sur le dialogue interculturel, les dirigeants diplomatiques ont souligné que la prolifération des technologies numériques, des algorithmes et de l’intelligence artificielle aggrave l’impact de ces rhétoriques. L’organisation a réaffirmé la nécessité de protéger la liberté d’expression tout en empêchant que celle-ci ne soit instrumentalisée pour causer du tort ou diviser les communautés.

NEW YORK — Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, António Guterres, a averti jeudi que le discours de haine s’appuie désormais sur les nouvelles technologies pour se propager à une vitesse inédite et frapper au cœur même des sociétés à travers le monde.

S’exprimant à l’occasion d’une réunion internationale consacrée au dialogue interculturel et à la lutte contre le discours de haine, le chef de l’ONU a déclaré que la promesse fondatrice inscrite dans la Charte des Nations Unies — stipulant que « nous, les peuples » devons pratiquer la tolérance et vivre en paix les uns avec les autres en bons voisins — est confrontée à une menace en constante évolution. Selon António Guterres, ce phénomène prend de nouvelles formes, emprunte de nouveaux parcours et instrumentalise les technologies de pointe, allant des plateformes numériques et des algorithmes jusqu’à l’intelligence artificielle.

Le Secrétaire général a souligné que l’étendue croissante de ces messages préjudiciables met à rude épreuve l’humanité partagée à l’échelle internationale. Il a mis en garde contre l’impact direct de cette rhétorique, affirmant qu’elle contribue activement à éroder la confiance entre les citoyens, à diviser les communautés et à déshumaniser des groupes entiers de populations sur tous les continents.

Face à ce constat, M. Guterres a vivement exhorté la communauté internationale à renouveler ses engagements et à agir de manière concertée.

« Nous devons élever notre voix collective et rejeter la haine »,

a-t-il affirmé lors de son allocution, insistant sur le fait que la passivité face à ce phénomène menace la stabilité sociale globale.

Stratégies de prévention et respect des droits fondamentaux

Dans son analyse des mesures à adopter, António Guterres a précisé que les efforts destinés à lutter contre le discours de haine ne doivent pas se limiter à traiter les séquelles immédiates. Il a insisté sur l’obligation d’attaquer les causes profondes et les facteurs moteurs qui favorisent l’émergence de ces discours.

Le chef de l’ONU a affirmé que l’ensemble des initiatives mondiales doit être strictement ancré dans le respect et l’équité. Il a également plaidé pour une approche inclusive, soulignant que ces stratégies doivent être conçues et façonnées avec la participation active des femmes, des hommes et des jeunes.

Abordant la question sensible des libertés publiques, le Secrétaire général a tenu à clarifier la frontière entre la régulation des contenus haineux et la préservation des libertés fondamentales.

« Réfréner le discours de haine ne signifie pas éteindre la liberté d’expression »,

a déclaré M. Guterres. Toutefois, le dirigeant onusien a rappelé avec fermeté que

« la liberté d’expression ne doit jamais servir d’excuse pour causer ou aggraver un préjudice ».

Il a conclu son intervention en appelant à une unité renouvelée à l’échelle mondiale pour briser ce qu’il a qualifié de cycles tragiques de peur, de haine et de violence, afin de bâtir des sociétés cohésives et stables, conformes à la vision originale fixée par la Charte des Nations Unies.

Le rôle du dialogue interculturel selon la Présidence de l’Assemblée générale

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Khalilur Rahman, s’est associé aux mises en garde du Secrétaire général, affirmant de son côté que le discours de haine commence rarement par de simples mots isolés.

Selon M. Rahman, l’hostilité verbale trouve fréquemment ses origines dans la peur, le manque de compréhension, ou l’absence totale de contact direct entre des individus de foi, de cultures ou de croyances différentes. Le Président de l’Assemblée générale a averti que ces sentiments d’isolement et de méfiance sont par la suite systématiquement instrumentalisés par des acteurs animés d’intentions malveillantes.

Pour contrer ces dynamiques toxiques, Khalilur Rahman a présenté le dialogue et la tolérance comme les leviers d’action les plus efficaces dont dispose la communauté internationale. Selon lui, ces instruments sont essentiels pour éliminer les causes profondes de la haine et pour cultiver la confiance mutuelle, qu’il a décrite comme l’un des antidotes les plus puissants contre le préjugé, la désinformation et l’hostilité.

M. Rahman a réaffirmé que la restauration de la confiance demeure au cœur de la feuille de route et de la vision qu’il porte pour la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Les deux hauts responsables de l’ONU ont réitéré l’engagement de l’institution à collaborer avec les États membres pour encadrer les technologies émergentes et préserver la cohésion sociale globale.

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