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Riyad (Le Parisien Matin) 18 September 2026 – Les demandes répétées d’intervention militaire formulées par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane auprès du président américain Donald Trump, suite à la récente offensive des forces houthis le long du littoral de la mer Rouge au Yémen, se sont heurtées à un refus catégorique de Washington. Les États-Unis ont limité leur concours à du renseignement et un appui au ciblage, confirmant le désengagement stratégique américain et contraignant les monarchies du Golfe à repenser intégralement leur architecture de sécurité régionale.

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a sollicité à deux reprises par téléphone le président américain Donald Trump afin d’obtenir des frappes aériennes directes des États-Unis contre les forces houthis. Ces appels sont intervenus alors que l’insurrection yéménite menait une avancée fulgurante le long du littoral yéménite de la mer Rouge. Le chef d’État américain a toutefois rejeté toute intervention offensive directe, limitant l’assistance des forces armées américaines au partage de renseignements stratégiques et à l’aide au ciblage tactique.

Cette position américaine réitère une ligne politique déjà établie lors des attaques de septembre 2019 contre les infrastructures pétrolières saoudiennes d’Abqaiq et de Khurais. Bien que Washington eût attribué ces frappes à l’Iran, le président Donald Trump avait refusé d’engager des représailles militaires contre Téhéran, rappelant publiquement que les États-Unis n’avaient souscrit aucun engagement juridique formel garantissant la défense inconditionnelle du royaume saoudien. Sept ans plus tard, la persistance des attentes des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) quant à un sauvetage militaire américain se heurte à la réalité du désengagement de Washington.

L’avancée stratégique des Houthis et la vulnérabilité des infrastructures énergétiques

L’offensive déclenchée par le mouvement Houthi le long de la côte de la mer Rouge a modifié l’équilibre des forces sur le terrain. Les combattants insurgés ont pris le contrôle de secteurs clés à proximité du détroit de Bab el-Mandeb, point de passage névralgique pour les exportations de pétrole brut saoudien vers les marchés asiatiques. Parallèlement, des attaques ciblées contre l’oléoduc Est-Ouest menacent la continuité de l’approvisionnement pétrolier vers l’Europe.

Les forces houthis poursuivent actuellement leur progression vers les villes stratégiques de Taïz et de Marib. Une prise de ces centres urbains affaiblirait de manière critique le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et soutenu par la coalition saoudienne. Sur le plan défensif, le Royaume saoudien fait face à une diminution progressive de ses stocks d’intercepteurs de défense antiaérienne de fabrication américaine, la chaîne d’approvisionnement mondiale subissant de fortes tensions.

L’effritement des alliances régionales et des coalitions sur le terrain

Sur le théâtre des opérations yéménites, les forces alignées sur Riyad connaissent de sévères revers. Les Forces de résistance nationale, autrefois soutenues par les Émirats arabes unis et positionnées le long de la côte, se sont repliées face à la poussée houthie. Les seules unités conservant une capacité opérationnelle significative demeurent celles affiliées au Conseil de transition du Sud (STC). Toutefois, le STC milite pour le rétablissement d’un État indépendant au Sud-Yémen, une option politique fermement rejetée par l’administration saoudienne.

Les divergences stratégiques entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis quant à la gestion des factions locales et à l’avenir politique du Yémen ont détérioré la coordination bilatérale. Les conditions posées par Abou Dhabi pour un réengagement militaire direct au Yémen n’ont pas trouvé d’accord auprès de Riyad.

Par ailleurs, les efforts saoudiens visant à diversifier leurs partenariats de défense via des pactes régionaux, notamment avec la Turquie et le Pakistan dans le cadre du Pacte de La Mecque, n’ont pas traduit leurs engagements en soutien militaire opérationnel direct face aux Houthis. Les gouvernements turc et pakistanais ont évité toute implication militaire directe dans ce conflit.

La posture diplomatique des États-Unis et le contexte de sécurité régionale

L’administration américaine maintient une position de retrait vis-à-vis d’une confrontation directe avec le mouvement Houthi. Le président américain a indiqué publiquement que les forces houthis avaient engagé des canaux de communication indirects visant à éviter un affrontement direct avec les forces des États-Unis. Des discussions diplomatiques entre des représentants américains et des émissaires houthis se sont tenues par l’intermédiaire de la médiation de l’Oman.

Parallèlement, le département d’État américain a notifié au Congrès son intention d’autoriser la vente de 48 avions de combat F-35 à l’Arabie saoudite pour un montant estimé à 24,3 milliards de dollars. Si ce transfert d’armement moderne vise à renforcer les capacités de défense aérienne du royaume à long terme, il souligne la volonté de Washington de privilégier la fourniture d’équipements militaires plutôt que l’engagement direct de ses propres troupes au sol ou dans les airs.

Face à l’absence d’interventions directes de ses alliés traditionnels et partenaires récents, le gouvernement saoudien se retrouve contraint de réévaluer l’ensemble de son dispositif de sécurité nationale et d’envisager des options diplomatiques ou stratégiques autonomes pour contenir la situation au Yémen.

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