Dans un monde où les chaînes d’info en continu ressemblent parfois plus à des luttes d’opinions qu’à des sources d’information, et où un tweet semble peser plus qu’un reportage de terrain, qui s’intéresse encore à la République démocratique du Congo ?
Pendant que les caméras sont braquées sur Gaza ou l’Ukraine, la RDC reste la grande absente du spectacle mondial. Mais Anthony Bellanger, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), vient secouer cette indifférence : il est temps de redonner toute sa place au journalisme et de rappeler au monde que l’information n’est pas une opinion.
Le silence assourdissant en RDC
Anthony Bellanger a rappelé avec force l’oubli médiatique dont souffre ce pays, pourtant ravagé par un conflit majeur à l’Est :
« La République démocratique du Congo est la grande oubliée des médias internationaux en Afrique comme le Soudan, alors que le pays est en proie à un conflit majeur à l’Est. »
Il y a donc un double problème : d’une part, la hiérarchisation dramatique de l’actualité internationale, où seules les guerres qui impliquent les grandes puissances comme les Etats-Unis captent l’attention des médias mondiaux ; d’autre part, l’isolement des journalistes locaux, livrés à eux-mêmes dans un contexte de violences extrêmes.
Bellanger rappelle que la FIJ, sans moyens matériels comme des avions ou des visas humanitaires, ne peut que constater l’impuissance face aux appels à l’aide des reporters de l’Est du pays.
Plus encore, Bellanger dénonce une époque où « la communication a pris le pas sur l’information », et où les médias se contentent trop souvent d’« opinions partielles, relatives et changeantes », au détriment des faits. Le rôle fondamental du journalisme : informer avec rigueur, indépendance et courage.
« Il faut que les journalistes de la RDC soient soutenus par leurs confrères et leurs consœurs étrangers, qu’ils soient une voix enfin, et pas un écho. »
En d’autres termes : sortir de la passivité et redonner au journalisme sa fonction première être la boussole des citoyens, même lorsque le chaos domine.


