San Salvador, El Salvador, 04 février 2026 – Le Parisien Matin, Le financement de Tether se trouve désormais au centre d’une remise en question stratégique majeure après l’annonce officielle du retrait de son projet de levée de fonds de 20 milliards de dollars. Cette décision intervient dans un climat de tension alors que l’entreprise, récemment relocalisée au Salvador sous la présidence de Nayib Bukele, a dû faire face à une résistance inattendue des investisseurs institutionnels. Initialement prévu pour propulser la firme vers de nouveaux secteurs technologiques comme l’intelligence artificielle, ce plan visait à transformer l’émetteur de l’USDT en un conglomérat diversifié. Cependant, le manque de transparence perçu sur la structure de l’entité a finalement entravé le financement de Tether, forçant la direction à revoir ses priorités pour l’année 2026.
L’échec d’une levée de fonds historique dans le secteur des actifs numériques
Le projet de Tether visait à consolider sa position de leader en injectant des capitaux massifs dans des secteurs stratégiques comme l’énergie durable et les infrastructures de télécommunications. Avec une ambition de 20 milliards de dollars, la société cherchait à réaliser l’une des plus importantes opérations de financement de l’histoire du secteur technologique. Pourtant, la réalité du marché institutionnel a rapidement rattrapé les dirigeants de l’entreprise. Les investisseurs sollicités ont soulevé des questions cruciales concernant l’évaluation de la société, rendant le financement de Tether impossible à finaliser dans les conditions initialement espérées.
Une méfiance institutionnelle persistante malgré des bénéfices records
Malgré des résultats financiers affichant des profits de plusieurs milliards de dollars grâce à ses réserves de bons du Trésor américain, Tether n’a pas réussi à convaincre Wall Street. Les audits, bien que plus fréquents qu’auparavant, ne répondent toujours pas aux normes de certification complètes exigées par les grandes banques d’affaires mondiales. Cette lacune a constitué un obstacle insurmontable lors des vérifications préalables, bloquant de fait le financement de Tether par des acteurs traditionnels du capital-risque. La méfiance s’explique également par la crainte de répercussions réglementaires futures sur les émetteurs de stablecoins non régulés.
« Le marché a envoyé un signal clair : la solidité d’un bilan ne remplace pas une transparence institutionnelle irréprochable et une structure de gouvernance alignée sur les standards internationaux. » – Jean-Christophe Durand, Analyste principal chez Fintech Strategy Group
La stratégie de diversification de Tether mise à rude épreuve
Tether ne cache plus son intention de s’éloigner de sa seule étiquette de fournisseur de liquidités pour le marché crypto afin de devenir un pilier technologique global. L’entreprise a déjà investi des sommes considérables dans le minage de Bitcoin utilisant des énergies renouvelables et dans des startups d’intelligence artificielle. L’objectif de la levée de fonds était de passer à l’échelle supérieure, mais sans le financement de Tether, la vitesse d’exécution de ces projets d’infrastructure sera nécessairement ralentie. La direction doit désormais compter uniquement sur ses propres bénéfices pour soutenir sa croissance externe.
L’impact sur la stabilité du stablecoin USDT et la confiance des utilisateurs
Si le retrait des ambitions de financement n’affecte pas directement la parité de l’USDT avec le dollar, il s’agit d’un revers symbolique fort pour la marque. Pour de nombreux observateurs, cette incapacité à séduire les investisseurs souligne le fossé qui sépare encore le monde des cryptomonnaies de la finance conventionnelle. Le marché a réagi avec une certaine nervosité, craignant que l’échec pour obtenir le financement de Tether ne soit le signe de défis structurels plus profonds. L’entreprise insiste toutefois sur le fait que ses réserves restent liquides et sécurisées par des partenaires de renom.

Les pressions réglementaires mondiales comme toile de fond du désistement
Le retrait du projet intervient alors que le cadre réglementaire MiCA en Europe et les nouvelles législations américaines sur les actifs numériques atteignent un point critique. Les investisseurs institutionnels hésitent à s’engager auprès d’acteurs qui pourraient être contraints de modifier radicalement leur modèle d’exploitation sous peu. Le financement de Tether est donc devenu une variable à haut risque dans un environnement où la conformité juridique prime désormais sur la rentabilité brute. Cette prudence généralisée a poussé les fonds de capital-risque à exiger des garanties de transparence que l’émetteur n’était pas prêt à fournir.
Le signal d’une fin d’époque pour l’opacité dans la crypto
Le retrait de Tether de ses ambitions de financement de 20 milliards de dollars marque un tournant pour l’industrie des actifs numériques. Il démontre que même une rentabilité exceptionnelle ne suffit plus à masquer les carences en matière de gouvernance certifiée. Pour que les stablecoins s’intègrent durablement dans le système financier, ils devront adopter les codes de la finance traditionnelle. À l’avenir, le financement de Tether dépendra probablement de sa capacité à évoluer vers une transparence totale pour rassurer les marchés mondiaux et les régulateurs.
L’ancrage au Salvador et les nouveaux enjeux de 2026
Le récent déménagement du siège social de la firme vers San Salvador en 2025 marquait une volonté de rupture avec son passé dans les paradis fiscaux traditionnels. En s’installant dans le premier pays à avoir adopté le Bitcoin comme monnaie légale, l’entreprise espérait gagner en agilité réglementaire et politique. Cependant, les difficultés rencontrées pour sécuriser le financement de Tether montrent que l’ancrage géographique ne suffit pas à dissiper les doutes de Wall Street. Cette situation met en lumière les limites de la stratégie de « citadelle crypto » face aux exigences de transparence financière de l’économie globale actuelle.


