L’Union européenne a revu à la baisse ses prévisions de croissance économique pour 2023 et 2024, citant une inflation persistante et des politiques monétaires restrictives. Les nouvelles prévisions pour 2023 s’établissent désormais à 0,6 %, une réduction de 0,2 point de pourcentage par rapport à l’estimation précédente, tandis que la croissance en 2024 est projetée à 1,2 %, marquant une baisse de 0,1 point.
Impact de l’Inflation et de la Politique Monétaire
La Commission européenne a déclaré que l’impact d’une inflation toujours élevée, bien que déclinante, associée à une politique monétaire restrictive, a eu un effet plus important que prévu. Les efforts de la Banque centrale européenne pour contrôler les prix à la consommation par le biais de hausses de taux d’intérêt et une demande externe faible ont été identifiés comme des facteurs contribuant aux défis économiques de la zone euro.
Divergence avec les États-Unis
La perspective économique de la zone euro contraste nettement avec celle des États-Unis, qui connaissent une croissance annuelle robuste de 4,9 % selon les données du troisième trimestre. Les deux régions sont confrontées à une inflation persistante, déclenchée par une demande accrue après la pandémie et, dans le cas de l’Europe, exacerbée par la hausse des coûts de l’énergie résultant de la guerre en Ukraine.
Préoccupations et Perspectives
Le commissaire européen à l’économie, Paolo Gentiloni, a reconnu que la zone euro a « perdu de son élan » après de solides performances post-pandémiques en 2021 et 2022. Il a souligné l’impact des fortes pressions inflationnistes, du resserrement monétaire nécessaire et de la faible demande mondiale sur les ménages et les entreprises. Les tensions géopolitiques, en particulier celles liées au conflit Israël-Hamas et leur potentiel pour perturber les marchés mondiaux de l’énergie, représentent des risques supplémentaires à la baisse.
Malgré les défis, Gentiloni s’est montré optimiste pour les deux prochaines années, citant la consommation privée comme un moteur clé de la croissance. On s’attend à ce que les augmentations de salaires dépassent l’inflation, stimulant le pouvoir d’achat des ménages.


