Comme chaque début d’année, le salaire minimum interprofessionnel de croissance va être revalorisé automatiquement. À compter du 1er janvier, le SMIC augmentera de 1,18 %, une hausse strictement mécanique, sans geste politique supplémentaire du gouvernement.
Concrètement, le salaire minimum passera à 1 823,03 euros bruts par mois pour un temps plein, contre 1 801,80 euros actuellement. Le taux horaire brut s’établira désormais à 12,02 euros. En net, cela représente un gain d’un peu moins de 17 euros par mois pour un salarié payé au SMIC, dont la rémunération atteindra environ 1 443 euros nets mensuels.
Un calcul du SMIC qui est encadré par la loi
Cette revalorisation prend en compte l’inflation hors tabac subie par les 20 % de ménages les plus modestes, mesurée à 0,6 % entre novembre 2024 et novembre 2025, ainsi que la moitié de l’évolution du pouvoir d’achat du salaire horaire de base des ouvriers et employés. Le résultat est donc automatique et ne laisse que peu de marge de manœuvre à l’exécutif, sauf décision volontaire de « coup de pouce », écartée cette année.
Cette hausse du SMIC entraîne également des ajustements dans la fonction publique. Environ 356 000 agents, sur les 5,8 millions que compte le secteur public, verront leur rémunération légèrement relevée afin d’éviter qu’elle ne passe sous le seuil légal. Le minimum de traitement, jusqu’ici fixé à 1 801,74 euros brut, augmentera de 21,23 euros.
Cette correction ne passera toutefois pas par une hausse du traitement indiciaire, mais par le versement d’une indemnité différentielle, une prime destinée à combler l’écart avec le nouveau niveau du SMIC.
Un projet pour débloquer l’épargne salariale
Parallèlement, Bercy réfléchit à un autre levier pour soutenir le pouvoir d’achat et la consommation. Le gouvernement étudie la possibilité d’autoriser, en 2026, les salariés gagnant jusqu’à deux fois le SMIC à débloquer exceptionnellement jusqu’à 2 000 euros de leur plan d’épargne entreprise (PEE), sans impôt sur le revenu.
Ces sommes, normalement bloquées pendant cinq ans, resteraient soumises à la CSG et à la CRDS, mais seraient exonérées d’impôt. La condition serait qu’elles aient été placées sur le plan avant le 31 décembre 2025. L’objectif affiché est de donner de l’oxygène aux ménages et injecter environ 4 milliards d’euros dans l’économie, dans un contexte de croissance modérée, estimée à 0,9 % en 2025.
Présenté aux partenaires sociaux, le projet divise. Les syndicats rappellent que la question du pouvoir d’achat passe avant tout par les salaires. Pour la CFDT, cette mesure bénéficierait surtout aux salariés des grandes entreprises, plus nombreuses à proposer des dispositifs d’épargne salariale, sans répondre au problème de fond de la stagnation des rémunérations.
Du côté patronal, les avis sont plus favorables. La CPME voit dans cette proposition un moyen rapide de relancer la consommation sans alourdir les charges des entreprises. Elle plaide même pour un élargissement du dispositif aux salariés gagnant jusqu’à trois fois le SMIC et pour un plafond de déblocage plus élevé.
D’autres voix se montrent plus prudentes. Michel Picon, président de l’U2P, a exprimé sa crainte de voir ces sommes servir principalement à alimenter la consommation sur les grandes plateformes de commerce en ligne étrangères, comme Shein ou Temu, plutôt qu’à soutenir l’économie locale.
À ce stade, aucune décision définitive n’a été prise. Si la mesure venait à être adoptée, elle le serait par décret.


