Depuis le Bureau ovale, Donald Trump s’est offert une nouvelle envolée dont il a le secret. Lundi, devant les journalistes, il a affirmé que certains dirigeants européens allaient jusqu’à l’appeler « président de l’Europe ».
Une formule qu’il répète fièrement, comme une preuve de sa stature internationale. « Ils respectent votre président à un point tel qu’ils m’appellent en plaisantant le président de l’Europe. Ils m’appellent le président de l’Europe, ce qui est un honneur », a-t-il déclaré, sourire aux lèvres.
Pour l’ancien magnat de l’immobilier devenu président des États-Unis, cette reconnaissance imaginaire ou réelle est le signe qu’il domine le jeu diplomatique au-delà de son continent.
Le sommet de l’OTAN où Trump impose son tempo
L’un des exemples brandis par Trump pour prouver sa mainmise sur l’Europe est le sommet de l’OTAN de juin dernier, organisé à La Haye. Sous sa pression, les pays membres ont accepté un objectif colossal : porter leurs dépenses militaires à 5 % de leur PIB d’ici 2035.
Dès 2018, au cours de son premier mandat, Trump avait exigé des alliés qu’ils montent à 4 %. À l’époque, cette revendication paraissait irréaliste. Six ans plus tard, il pousse encore plus loin. Dans ses discours, il n’hésite pas à hausser le ton : « S’ils ne paient pas, je ne vais pas les défendre ! », avait-il lancé au printemps dernier.
Cette méthode brutale choque, mais elle fonctionne. Les Européens, conscients de leur dépendance militaire envers Washington, ont fini par céder. Et Trump ne s’en cache pas : il voit dans cet accord une victoire personnelle.
Trump, Poutine et Zelensky
L’autre moment que Trump cite comme exemple de son influence européenne reste sa rencontre avec Vladimir Poutine en marge du même sommet. Alors que les discussions se poursuivaient entre les alliés, le président américain s’est éclipsé pour un tête-à-tête avec le maître du Kremlin. Son but affiché : organiser une rencontre entre Poutine et Volodymyr Zelensky, le président ukrainien.
Mais là encore, Trump a livré sa propre vision des choses. Rapprocher Moscou et Kiev serait presque impossible, « comme mélanger de l’huile et du vinaigre ». Ce commentaire, lancé d’un ton agacé, dévoile son impatience et sa volonté de se présenter comme l’unique négociateur capable de résoudre le conflit.
Le terme « président de l’Europe » est vrai quelque part: Trump se considère comme le vrai patron des alliés européens, celui qui décide, qui menace et qui arrache des concessions. Pour lui, les présidents et chefs de gouvernement du continent ne sont pas des partenaires mais des subordonnés.


