Bruxelles, 25 février 2026 – Le Parisien Matin, La Commission européenne a confirmé mercredi que la Croatie évalue actuellement la légalité d’une Importation de pétrole russe par voie maritime pour approvisionner la Hongrie et la Slovaquie. Cette démarche fait suite à l’arrêt de l’oléoduc Druzhba fin janvier, endommagé par des frappes de drones. Si Budapest fait pression pour maintenir ses flux énergétiques, Zagreb craint que cette Importation de pétrole russe ne contrevienne aux sanctions américaines et européennes. Alors que l’opérateur Janaf affirme pouvoir fournir du brut non russe, le débat s’envenime : la Hongrie bloque les nouveaux crédits à Kiev en représailles. L’enjeu est de taille pour 2026, l’UE prévoyant une législation pour interdire définitivement toute Importation de pétrole russe d’ici 2027.
Le dilemme juridique de Zagreb
La Croatie se trouve actuellement dans une position inconfortable. D’un côté, ses voisins comme la Hongrie et la Slovaquie réclament des garanties d’approvisionnement après les avaries subies par l’oléoduc Druzhba. De l’autre, l’importation de pétrole russe par voie maritime est strictement encadrée par les paquets de sanctions de l’Union européenne. Le gouvernement croate doit déterminer si l’acceptation de cargaisons russes dans ses terminaux portuaires pour un transit vers des pays enclavés constitue une violation des traités ou une exception humanitaire nécessaire.
L’infrastructure Adria sous haute surveillance
Le réseau de pipelines Adria est devenu le centre névralgique de cette crise. L’opérateur Janaf affirme disposer de la capacité technique nécessaire pour pallier les manques, mais refuse pour l’instant d’ouvrir ses vannes sans une validation juridique explicite de la Commission. L’importation de pétrole russe via ce corridor dépend de tests de pression et de négociations commerciales qui traînent en longueur, exacerbant les tensions entre les capitales d’Europe centrale.
Une faille dans le régime des sanctions
Le débat actuel repose sur une subtilité du droit européen : les exemptions accordées aux pays sans accès à la mer. Si la Hongrie bénéficie d’une dérogation pour le pétrole acheminé par pipeline, l’importation de pétrole russe par navire reste, en théorie, interdite. Bruxelles craint que la création d’un précédent croate ne fragilise l’ensemble de l’édifice des sanctions contre le Kremlin, offrant une bouffée d’oxygène financière à l’effort de guerre russe.
La pression diplomatique de Budapest
Le Premier ministre Viktor Orban a fait de la sécurité énergétique son cheval de bataille électoral. En menaçant de bloquer les futurs budgets européens, il force la main à ses partenaires pour faciliter l’importation de pétrole russe via le territoire croate. Pour Budapest, il ne s’agit pas de soutenir Moscou, mais d’éviter un effondrement industriel domestique, alors que les prix de l’énergie restent volatils malgré les efforts de diversification mondiale.
Kiev propose une alternative logistique
De son côté, l’Ukraine tente de maintenir son rôle de pays de transit malgré les dommages de guerre. En proposant d’utiliser le pipeline Odesa-Brody, Kiev espère détourner l’attention de l’importation de pétrole russe par voie maritime. Cependant, cette option demande des réparations coûteuses et une sécurisation militaire que peu d’assureurs sont prêts à garantir à court terme, laissant la Croatie comme seule alternative viable à l’immédiat.
La perspective d’une interdiction totale en 2027
L’Union européenne a réitéré son objectif de se sevrer totalement des hydrocarbures russes d’ici l’année prochaine. Dans ce contexte, autoriser temporairement l’importation de pétrole russe par la Croatie est perçu par certains diplomates comme un recul stratégique. Le calendrier législatif de Bruxelles prévoit des mesures de durcissement dès la mi-avril, ce qui laisse une fenêtre de tir très courte pour résoudre l’impasse actuelle sans créer de dommages permanents à l’unité du bloc.
Comme l’a souligné le porte-parole de la Commission européenne, Stefan De Keersmaecker, lors du point presse du :
« La Croatie évalue si elle peut légalement accepter du brut russe dans ses ports, tant au regard des sanctions de l’UE que de celles des États-Unis. »
Impact sur les marchés mondiaux de l’énergie
L’incertitude entourant l’importation de pétrole russe via l’Adriatique provoque des remous sur les bourses de l’énergie. Les raffineurs européens, qui ont investi massivement pour adapter leurs installations à d’autres types de brut, craignent qu’une dérogation accordée à certains membres ne crée une distorsion de concurrence. La stabilité du marché dépend désormais de la capacité de Zagreb à proposer des alternatives non-russes crédibles via son terminal de Krk.
Le rôle de l’opérateur Janaf dans la transition
Janaf se retrouve au cœur d’une bataille de chiffres. Tandis que l’entreprise assure pouvoir transporter du brut non-russe en quantité suffisante, ses clients hongrois contestent les résultats des tests de débit. Cette méfiance mutuelle freine les investissements nécessaires pour que l’importation de pétrole russe devienne définitivement obsolète au profit de sources provenant du Moyen-Orient ou d’Afrique du Nord.
Vers une harmonisation des politiques énergétiques
La crise croate souligne le besoin urgent d’une Union de l’énergie plus intégrée. Si l’importation de pétrole russe peut encore être discutée au cas par cas aujourd’hui, la fin des exemptions forcera les États membres à une solidarité sans faille. Le développement de nouvelles interconnexions gazières et pétrolières entre le sud et le nord de l’Europe est désormais une priorité absolue pour le Conseil européen.
Conséquences pour le consommateur européen
Au bout de la chaîne, c’est le citoyen qui subit les conséquences de ces joutes juridiques. Une limitation drastique de l’importation de pétrole russe sans solution de remplacement immédiate pourrait entraîner une hausse des prix à la pompe en Europe centrale. C’est ce risque social que les gouvernements tentent de mitiger tout en respectant leurs engagements moraux et politiques envers l’Ukraine.
Souveraineté énergétique et arbitrage de l’Adriatique
L’issue de cette évaluation juridique déterminera le rôle stratégique de la Croatie pour la décennie à venir. En devenant la porte d’entrée alternative pour l’énergie européenne, le pays gagne en influence diplomatique. Cependant, cette influence dépendra de sa capacité à dire non à l’importation de pétrole russe, prouvant ainsi que l’infrastructure Adria est un outil de libération énergétique plutôt qu’un simple substitut aux anciens réseaux soviétiques.
L’équilibre précaire de la neutralité technique croate
Le gouvernement de Zagreb tente de maintenir une position de neutralité technique, affirmant que ses tuyaux peuvent transporter n’importe quel type de pétrole, mais que le choix de la source appartient aux clients et aux régulateurs. Cette posture devient difficile à tenir alors que l’importation de pétrole russe devient un marqueur politique fort. La pression de Washington, qui surveille étroitement les transactions impliquant les grandes compagnies pétrolières russes, ajoute une couche de complexité à un dossier déjà saturé de tensions.
Conclusion sur la résilience du bloc européen
En fin de compte, la situation en Croatie est un test de résistance pour la politique étrangère de l’UE. Si le bloc parvient à gérer cette transition sans céder sur les principes fondamentaux des sanctions, il sortira renforcé. L’importation de pétrole russe n’est plus seulement une question de barils, mais le symbole d’une Europe qui cherche à définir son autonomie stratégique dans un monde multipolaire et conflictuel.



