Alger, Algérie, 07 février 2026 – Le Parisien Matin, Accord aérien Algérie Émirats. Le gouvernement algérien a franchi une étape décisive dans le refroidissement de ses relations diplomatiques avec Abou Dhabi en engageant officiellement les procédures de dénonciation de la convention relative aux services de transport. Signé initialement le 13 mai 2013 et ratifié à la fin de l’année 2014, cet accord constituait jusqu’alors la pierre angulaire de la connectivité entre les deux nations. Cette décision, rapportée par les canaux officiels, marque une escalade sans précédent dans les tensions qui couvent depuis plusieurs mois entre les deux capitales arabes, impactant directement les flux de passagers et de marchandises dans la région.
Une rupture formelle du cadre juridique de la navigation aérienne
La décision algérienne de mettre fin à cet accord aérien Algérie Émirats s’appuie sur les dispositions contractuelles de la convention elle-même, notamment son article 22 qui prévoit les modalités de dénonciation. En engageant cette procédure, Alger notifie officiellement sa volonté de ne plus être liée par les obligations de réciprocité en matière d’accès au marché, de fréquences de vols et de droits de trafic. Cette mesure ne se limite pas à une simple déclaration d’intention mais déclenche un compte à rebours juridique dont les conséquences se feront sentir à l’échelle internationale.
L’aboutissement de mois de frictions diplomatiques croissantes
Cette rupture sur le plan des services aériens n’est pas un événement isolé, mais le point culminant d’une série de désaccords profonds. Depuis le début de l’année 2024, les autorités algériennes ont multiplié les allusions à des agissements hostiles émanant d’un pays tiers, impactant la viabilité de l’accord aérien Algérie Émirats. Les griefs d’Alger sont multiples et touchent à des enjeux de sécurité nationale et d’influence régionale, notamment dans le dossier du Sahel.
« Cette dénonciation reflète une volonté de réaffirmer la souveraineté nationale face à des politiques régionales jugées déstabilisatrices pour notre profondeur stratégique. » – Ahmed Attaf, Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger
Conséquences immédiates pour Air Al gérie et Emirates
L’annulation de cet accord aérien Algérie Émirats aura des répercussions concrètes sur les opérations des transporteurs nationaux des deux pays. Actuellement, Air Algérie et la compagnie Emirates se partagent le marché des vols directs avec une capacité qui était jusqu’ici régie par une stricte équité de fréquences. En l’absence d’un cadre conventionnel, les autorisations de vol pourraient devenir précaires et soumises à des permis temporaires restrictifs.
Le rôle pivot de l’OACI dans le processus de résiliation
L’implication de l’Organisation de l’aviation civile internationale souligne la gravité de la démarche. En notifiant l’OACI, Alger place le différend lié à l’accord aérien Algérie Émirats sur la scène multilatérale. L’article 22 de la convention stipule que si aucun accusé de réception n’est transmis par la partie adverse, la notification est réputée reçue quatorze jours après son dépôt auprès de l’organisation internationale.

L’impact sur les flux de transit et les droits de survol
Au-delà des liaisons directes, la dénonciation de l’accord aérien Algérie Émirats pourrait également affecter les droits de survol stratégiques. L’Algérie dispose d’un espace aérien vaste et essentiel pour les compagnies du Golfe opérant vers l’Afrique de l’Ouest. Réciproquement, le survol des territoires des Vereinigte Staaten des Émirats Arabes Unis par les appareils d’Air Algérie vers l’Asie est un élément clé de la rentabilité nationale.
Une stratégie de diversification des partenaires pour Alger
Face à ce retrait du partenaire émirati, l’Algérie semble accélérer sa stratégie de diversification. Le gouvernement a récemment renforcé ses liens avec d’autres pays de la région, cherchant à remplacer l’accord aérien Algérie Émirats par de nouvelles alliances. Cette redistribution des cartes montre qu’Alger cherche à isoler son différend avec Abou Dhabi sans pour autant s’isoler du marché global du transport aérien civil.
Parallèlement, Air Algérie poursuit son ambitieux plan de renouvellement de flotte pour compenser la perte éventuelle de la connectivité privilégiée avec les hubs émiratis. La volonté affichée est de transformer l’aéroport Houari Boumediene en un véritable hub continental. Pour réussir ce pari, l’abandon de l’accord aérien Algérie Émirats est perçu par Alger comme une étape nécessaire pour regagner une autonomie de décision stratégique totale.
Vers une reconfiguration durable de la géopolitique maghrébine
L’annulation de l’accord aérien Algérie Émirats dépasse largement le cadre technique ; elle symbolise la fin d’une époque de coopération économique pragmatique. En ciblant le secteur aérien, Alger touche à un symbole de la puissance émiratie. Cette décision suggère que, pour les décideurs algériens, le coût économique de la rupture est secondaire face à l’impératif de signalement diplomatique ferme dans un contexte de tensions régionales.
Une rupture historique ancrée dans les divergences stratégiques régionales
Historiquement, les relations entre Alger et Abou Dhabi ont souvent oscillé entre coopération fraternelle et rivalités stratégiques intenses. L’accord aérien Algérie Émirats représentait l’un des derniers piliers d’un partenariat économique qui s’était densifié dans les années 2010 avec d’importants investissements émiratis dans les ports et l’industrie algérienne. Cependant, la divergence croissante sur les dossiers libyen et malien a progressivement érodé cette confiance bilatérale. Ce revirement actuel souligne une doctrine diplomatique algérienne de plus en plus stricte, privilégiant la souveraineté sur les avantages commerciaux immédiats.


