Une coalition de cinq organisations a appelé les instances dirigeantes du football à exclure Israël des compétitions internationales, en adressant des lettres officielles aux dirigeants de la FIFA et de l’UEFA pour les exhorter à prendre des mesures immédiates.
Ces lettres ont été envoyées au lendemain de l’annonce par ces mêmes groupes qu’ils avaient déposé une plainte auprès du Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale contre Gianni Infantino et Aleksander Čeferin, accusant ces responsables du football d’avoir contribué à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité présumés liés au conflit à Gaza. Les groupes font valoir qu’Israël devrait être suspendu du football international en vertu des statuts existants relatifs à l’intégrité territoriale et aux droits de l’homme.
Lettre au Comité exécutif de l’UEFA
Dans leur message adressé au Comité exécutif de l’UEFA, les organisations ont fait référence à une discussion interne qui avait eu lieu six mois plus tôt, au cours de laquelle l’UEFA aurait envisagé de convoquer une réunion extraordinaire afin de suspendre les clubs et les équipes nationales israéliens des compétitions de l’UEFA. Selon la lettre, la réunion a ensuite été annulée, prétendument pour permettre à une initiative de paix proposée par l’ancien président américain Donald Trump de prendre effet à Gaza.
Les organisations ont fait valoir que le fait de lier la décision relative au football à la proposition de paix était « manifestement faux », affirmant que les deux questions n’avaient aucun lien. Elles ont également évoqué un appel téléphonique que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aurait passé à Čeferin et qui, selon elles, aurait influencé l’annulation de la réunion.
Les groupes ont exhorté l’UEFA à appliquer ses statuts concernant l’intégrité territoriale et les droits de l’homme et à suspendre la Fédération israélienne de football des compétitions de l’UEFA. Ils ont averti que le non-respect des règles dans ce cas pourrait nuire à leur crédibilité lors de futurs litiges.
Lettre au Conseil de la FIFA
Une autre lettre adressée au Conseil de la FIFA portait sur la présence, au sein du système de la FIFA, de clubs de football israéliens situés dans des colonies de Cisjordanie. Les organisations font valoir que ces clubs opèrent sur un territoire considéré comme des terres palestiniennes occupées et enfreignent donc les règles de la FIFA en matière d’intégrité territoriale.
La lettre accuse la FIFA de retarder toute action sur cette question depuis 2013 par ce qu’elle qualifie de « retards institutionnels systématiques ». Les organisations ont averti que l’inaction persistante pourrait faire sortir le litige du cadre de la gouvernance sportive et le porter potentiellement devant le Tribunal fédéral suisse, invoquant des questions d’ordre public suisse et de respect des procédures régulières.
Lors du Congrès de la FIFA de 2024, Infantino a reconnu que la question était « urgente », selon la lettre des groupes, et a déclaré que le Conseil de la FIFA avait le pouvoir d’en décider.

Allégations plus larges en matière de droits de l’homme
Les organisations ont également cité des déclarations d’experts des droits de l’homme des Nations unies, qui, selon elles, ont averti que le maintien des clubs des colonies était lié à des préoccupations plus larges en matière de droits de l’homme. Elles soutiennent que le maintien de l’adhésion d’Israël au football international permet ce qu’elles qualifient de « blanchiment sportif » d’abus présumés.
Décision prochaine du comité
En octobre 2024, le Conseil de la FIFA a renvoyé la question des clubs des colonies à l’examen du Comité d’audit et de conformité de la gouvernance de la FIFA. Après plus d’un an sans décision publique, le comité devrait désormais se prononcer.
Les organisations affirment que le comité pourrait décliner sa compétence, ce qui, selon elles, perpétuerait une tendance au report de la résolution de cette question. La FIFA et l’UEFA n’ont pas encore répondu publiquement aux dernières lettres.


