Depuis la fin du mois de décembre, tous les vols intérieurs et internationaux à destination et en provenance de l’île de Socotra ont été suspendus, à la suite de la déclaration de l’état d’urgence par le gouvernement yéménite. Plus de 400 touristes étrangers se retrouvent bloqués sur cet archipel isolé de la mer d’Arabie, au large du Yémen.
Le conflit au Yémen est au coeur de ce souci
La paralysie du trafic aérien est directement liée à la reprise des affrontements sur le continent yéménite. Les combats opposent les forces gouvernementales aux séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC), soutenus par les Émirats arabes unis, tandis que le gouvernement bénéficie de l’appui de l’Arabie saoudite. Bien que Socotra soit géographiquement éloignée de ces zones de combat, les autorités ont choisi de suspendre l’ensemble des liaisons aériennes par mesure de sécurité.
Des vols touristiques brutalement annulés
Selon Yehya ben Afrar, adjoint au gouverneur de Socotra chargé de la culture et du tourisme, plus de 400 visiteurs étrangers sont concernés par ces annulations. Les trois vols hebdomadaires en provenance d’Abou Dhabi, habituellement dédiés aux touristes, ont été supprimés sans solution immédiate de remplacement. Un représentant local précise que 416 touristes se trouvent actuellement sur l’île, parmi lesquels une soixantaine de ressortissants russes, mais aussi des Britanniques, des Français et des Américains. Un diplomate occidental a confirmé la présence de plusieurs nationalités occidentales parmi les personnes bloquées.
Une enclave longtemps épargnée par la guerre au Yémen
L’archipel de Socotra, composé de quatre îles principales et de deux îlots rocheux, abrite environ 50 000 habitants. Réputée pour sa biodiversité exceptionnelle et souvent surnommée « les Galápagos de l’océan Indien », l’île a jusqu’ici été relativement préservée du conflit qui ravage le Yémen depuis plus d’une décennie. Cette stabilité relative avait permis le développement d’un tourisme confidentiel mais en plein essor, aujourd’hui brutalement interrompu.
À ce stade, aucune date n’a été annoncée pour la reprise des vols. Les autorités locales assurent le suivi de la situation de près, mais la poursuite des combats sur le continent rend toute perspective incertaine.


