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Home»Notre Sélection»Émilie Rosso : « L’enquête sur les PFAS a participé à une résonance politique et médiatique »
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Émilie Rosso : « L’enquête sur les PFAS a participé à une résonance politique et médiatique »

Alice ColmartPar Alice Colmartlundi, 16 marsAucun commentaire5 Min Temps de lecture
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Journaliste à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Émilie Rosso a reçu le Prix Alerte à la Une 2025, lancé par la Maison des Lanceurs d’Alerte pour sa série d’enquêtes sur les PFAS, ces polluants chimiques persistants. Le Parisien Matin rencontre une spécialiste du terrain qui raconte l’importance de l’investigation locale dans les scandales sanitaires.

Pourquoi Émilie Rosso s’est-elle intéressée aux PFAS ?

Je suis entrée dans ce sujet par la petite porte de l’actualité, à France 3 Rhône-Alpes, à Lyon. Depuis que je travaille pour ce média, je travaille sur des sujets liés au réchauffement climatique, j’ai une certaine affinités avec ces thèmes. 

J’ai entendu parler des PFAS à l’occasion d’un reportage d’Envoyé spécial réalisé près de l’usine Arkema, à Pierre-Bénite, dans la banlieue lyonnaise. J’ai alors fait un micro-trottoir devant l’usine, et j’ai compris que ce sujet allait me suivre longtemps. C’est un scandale industriel majeur, et il n’y avait personne d’autre pour le creuser à la rédaction. 

Émilie Rosso peut-elle nous expliquer ce que sont les PFAS exactement ?

Ce sont des molécules chimiques inventées par l’homme, qui n’existent pas à l’état naturel. On modifie des molécules en y liant un atome de fluor. Elles sont extrêmement résistantes et s’accumulent dans l’environnement et aussi dans le corps humain. L’industrie les adore : elles repoussent l’eau et la graisse, résistent aux températures et aux agressions chimiques. On les retrouve partout : poêles antiadhésives, mascara waterproof, textiles…

Comment l’enquête sur les PFAS a-t-elle démarré ?

Au début, je ne savais pas grand-chose. Mais j’ai commencé à lire énormément de rapports scientifiques, souvent étrangers, car en France, le sujet était quasi inconnu. Je suis allée en Italie, où un scandale similaire était déjà documenté, et j’ai rencontré des scientifiques et des acteurs du terrain.

Rapidement, j’ai compris que les PFAS ne concernaient pas seulement l’eau potable : c’est un problème multiforme qui touche toute la société. J’ai enquêté sur Arkema, mais aussi sur d’autres plateformes comme l’usine Tefal à Rumilly, en Haute-Savoie. Pendant plusieurs mois, j’étais seule. Et pourtant, je voyais que le sujet intéressait les gens. 

Quelle place ont les lanceurs d’alerte et les sources dans l’enquête d’Émilie Rosso sur les PFAS ? Et comment le journalisme local facilite-t-il la confiance nécessaire à ce travail ?

En effet, c’est là que le journalisme local prend tout son sens. On tisse des liens de confiance avec des lanceurs d’alerte, des scientifiques, des salariés. Parfois, il faut attendre des années pour obtenir des documents, mais la confiance se construit dans le temps. J’ai eu la chance d’avoir des témoignages, parfois à visage découvert. Ils sont extrêmement émouvants et essentiels pour l’enquête. Sans eux, on n’aurait eu que des documents arides. 

Quels documents sur les PFAS Émilie Rosso a-t-elle pu obtenir ?

C’est protéiforme. On a des documents publics, des rapports en open data, des documents juridiques, et d’autres plus confidentiels. La force de l’enquête, c’est de mettre en relation ces origines différentes pour comprendre ce que l’industrie savait depuis les années 1990. Par exemple, dès 1997, le géant américain 3M alertait Arkema sur la toxicité des PFAS, et la société DuPont signalait leur présence dans les nappes phréatiques et le sang des salariés. On voit un mensonge qui dure depuis 70 ans et une stratégie de désinformation de l’industrie. 

Quels ont été les éléments les plus marquants pour Émilie Rosso lors de cette enquête sur les PFAS ?

Les témoignages créent beaucoup d’émotion. Certaines personnes acceptent de raconter leur parcours malgré l’anxiété ou la maladie. Et quand j’ai analysé les données sur la contamination des salariés et de l’eau, j’ai eu un électrochoc : 99 % de la population contient ces molécules dans son corps. Pendant six mois, j’ai passé beaucoup de nuits blanches. Heureusement, je m’étais entourée de scientifiques pour confirmer la gravité de la situation. 

Quel impact a eu l’enquête d’Émilie Rosso dans la prise de conscience autour des PFAS ?

L’enquête sur les PFAS a participé à une résonance politique et médiatique. Des campagnes de surveillance gouvernementale ont vu le jour entre 2023 et 2025. On est l’un des pays qui produit le plus de données sur les PFAS dans l’eau potable. Le sujet s’inscrit dans le temps long, et la tension médiatique varie selon les pics d’actualité.

Pour moi, Le Prix Alerte à la Une est une double gratification : il récompense à la fois l’enquête et les personnes qui ont eu le courage de me faire confiance. Sans elles, le sujet ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Et il reste encore beaucoup à dire et à révéler. 

Quel est, selon Émilie Rosso, l’intérêt du journalisme local dans des enquêtes comme celle sur les PFAS ? 

Cette spécialité du journalisme local permet de faire le lien entre le terrain et la scène nationale, voire européenne. L’investigation se fait d’abord en local, avec un ancrage territorial fort, puis on élargit l’échelle. Ce travail de proximité est essentiel pour faire bouger les choses et donner de la visibilité à des problématiques complexes. Aujourd’hui encore, on continue de m’appeler sur le sujet, et il me semble crucial d’en parler pour améliorer la réglementation et la protection des citoyens. 

Émilie Rosso PFA
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