Pékin a lancé une vaste opération militaire baptisée « Justice Mission 2025 », qui mobilise des moyens considérables autour de Taïwan. Avions de chasse, navires de guerre, garde-côtes et bâtiments amphibies ont été déployés dans une manœuvre importante. Cela simule ce que l’armée chinoise décrit comme une capacité de blocus total de l’île.
Pas moins de 89 aéronefs militaires chinois, 14 navires de la marine, 14 bâtiments des garde-côtes ainsi qu’un groupe de quatre navires d’assaut amphibies ont été détectés autour de l’archipel. Les exercices incluent des tirs réels et se déroulent dans plusieurs zones maritimes et aériennes encerclant Taïwan.
Des manoeuvres aggressives pour contrer l’achat d’armes américaines
Ces manœuvres ne doivent rien au hasard du calendrier. Elles interviennent quelques jours seulement après l’annonce par Washington d’une vente d’armes massive à Taïwan, estimée à plus de huit milliards de livres sterling. Une décision perçue à Pékin comme une provocation directe et une ingérence étrangère dans ce que la Chine considère comme une affaire strictement interne.
Les autorités militaires chinoises assument d’ailleurs pleinement la portée politique de l’exercice. L’état-major de la zone orientale de l’Armée populaire de libération parle d’un « bouclier de justice » déployé autour de l’île et évoque une opération de « dissuasion multidimensionnelle » destinée à décourager toute velléité indépendantiste et toute intervention extérieure.
Derrière la démonstration de force se dessine l’isolement progressif de Taïwan. Les exercices portent sur la maîtrise des espaces maritime et aérien, le contrôle des ports stratégiques et la capacité à empêcher l’accès de forces étrangères à la zone.
Pour de nombreux analystes, ces manœuvres vont plus loin que les précédentes. Elles semblent tester, de manière de plus en plus explicite, la faisabilité d’un blocus prolongé, considéré comme l’un des scénarios privilégiés par Pékin en cas de crise majeure.
Taïwan sur le qui-vive
Le ministère de la Défense taïwanais assure être prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre la démocratie et la liberté de l’île.
Au-delà du détroit de Taïwan, ces manœuvres inquiètent aussi les partenaires internationaux. La France, engagée de longue date en faveur de la liberté de navigation en mer de Chine méridionale, observe la situation avec attention. Paris voit dans cette escalade militaire un risque majeur pour la stabilité régionale et pour les équilibres commerciaux mondiaux, Taïwan étant un maillon stratégique des chaînes d’approvisionnement technologiques.
Les exercices chinois rappellent une réalité de plus en plus difficile à ignorer : le détroit de Taïwan s’impose comme l’un des principaux points de friction géopolitiques du XXIᵉ siècle.


