Donald Trump a rejeté mardi l’invitation lancée par Emmanuel Macron à participer à une réunion du G7 organisée à Paris jeudi, ce qui ajoute un nouvel épisode à la relation de plus en plus heurtée entre les deux chefs d’État.
Interrogé lors d’une longue conférence de presse consacrée à sa première année de mandat, le président américain a balayé la possibilité de se rendre en France. « Non, je ne ferai pas ça. Emmanuel ne va pas rester là très longtemps », a-t-il lancé, avant d’ajouter, sur un ton mêlant familiarité et condescendance : « C’est un de mes amis. C’est un type sympa. J’aime bien Macron. »
La réunion des ministres des Finances du G7, que la France souhaitait organiser mercredi en visioconférence pour aborder les tensions autour du Groenland et le soutien à l’Ukraine, a été reportée à la semaine prochaine. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a invoqué sur France 2 de simples « contraintes d’agenda », liées notamment au Forum économique mondial de Davos.
Les relations mouvementées entre Trump et Macron
Les relations entre l’Union européenne et les États-Unis se sont nettement durcies ces dernières semaines. Donald Trump a récemment menacé d’imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français, en réaction au refus d’Emmanuel Macron de rejoindre son controversé « Conseil de paix ». Une escalade verbale qui ravive les craintes d’un affrontement commercial majeur entre les deux blocs.
Présent mardi à Davos, le président français a pris la parole en anglais pour dénoncer une stratégie américaine qui cherche, selon lui, à « affaiblir et subordonner l’Europe ». Emmanuel Macron a mis en garde contre « le retour d’ambitions impériales » et des « conflits devenus la norme », en référence aux menaces répétées de Donald Trump concernant le Groenland.
« Nous passons à un monde sans loi », a-t-il alerté et qualifié d’« inacceptables » les menaces de nouveaux droits de douane. Le chef de l’État n’a pas exclu que l’Union européenne ait recours à son instrument dit « anti-coercition », un mécanisme permettant de riposter à des pressions économiques jugées abusives.
Les lunettes de Davos, très Top Gun
Le discours se voulait grave, mais un détail a néanmoins retenu l’attention des observateurs. Emmanuel Macron est apparu une nouvelle fois avec des lunettes de soleil à l’intérieur, un choix inhabituel déjà remarqué quelques jours plus tôt lors d’une visite sur la base aérienne d’Istres.
À cette occasion, le président avait laissé apparaître un œil droit très rouge. L’Élysée avait précisé qu’il s’agissait d’un simple vaisseau oculaire rompu, sans gravité. Non sans ironie, Emmanuel Macron avait lui-même évoqué « l’œil du tigre ».
Malgré le report de la réunion du G7 Finances, le gouvernement français insiste sur la nécessité de maintenir le dialogue avec Washington. « On a des désaccords profonds, mais le mieux reste de continuer à en parler en montrant les armes dont on dispose », a déclaré Roland Lescure.


