Récemment, un investisseur américain, Michael A. Arouet, connu pour ses opinions politiques et économiques sur X nous a rappelé un fait gênant : l’Allemagne n’est pas vraiment un modèle en Europe. Que ce soit d’un point de vue économique, politique ou culturel.
Il dit « L’Allemagne est un pays étrange, elle a une connexion Internet plus lente que la Roumanie, aucune croissance depuis plusieurs années, un chômage en hausse, une industrie en déclin, mais elle donne des leçons aux autres sur la façon dont ils devraient gérer leurs économies et leurs sociétés.« .
Malheureusement pour l’Allemagne, Arouet dit vrai en ce qui concerne leur Internet, il est bel et bien moins performant qu’en Roumanie.

Mais qu’en est-il des autres éléments qu’il mentionne? Pour un pays qui a été perçu comme la force de l’Europe autrefois, il semble que l’Allemagne ait peut-être dégringolé d’un coup.
L’Allemagne fait de la brasse économiquement parlant
Il serait inexact de dire que l’Allemagne a dégringolé économiquement, mais elle traverse une période de ralentissement qui met à l’épreuve son modèle.
Sa dette publique reste relativement contenue par rapport à d’autres pays européens mais les alertes récentes de grandes banques comme Goldman Sachs et HSBC montrent que l’augmentation des dépenses publiques, dans la défense, l’infrastructure et la transition climatique, crée une hausse anticipée des rendements obligataires.
Le gouvernement de Friedrich Merz tente de relancer l’économie via une baisse des impôts sur les sociétés, afin de stimuler l’investissement national et étranger, en maintenant une orthodoxie budgétaire plus prudente que celle observée aux États-Unis sous Trump.
La croissance reste, malgré tout, timide, et l’Allemagne doit désormais gérer le vieillissement de sa population active, la baisse de compétitivité industrielle, le retard numérique persistant.
Un problème clé : L’économie allemande reposait sur leur industrie automobile
La combinaison d’un risque de surendettement à long terme, d’une productivité en stagnation et d’une dépendance énergétique et commerciale accrue vis-à-vis de la Chine est en train de créer un climat de malaise qui va être exploité politiquement par l’extrême droite, en pleine ascension électorale.
Ainsi, même si l’économie allemande ne s’effondre pas, elle se trouve dans une phase où sa puissance et son modèle doivent impérativement se réinventer.
Les politiques migratoires n’ont pas bénéficié à l’Allemagne
La politique migratoire allemande est vraiment dans le collimateur des élus d’extrême-droite car elle menace la cohésion sociale du territoire.
L’Allemagne compte désormais près de 18% de sa population née à l’étranger, un chiffre supérieur à celui jamais atteint aux États-Unis, doit gérer des défis d’intégration majeurs. Alors que le pays avait suspendu les expulsions vers l’Afghanistan après la prise de pouvoir des Talibans en 2021, le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt a organisé des déportations de criminels afghans en 2024 via le Qatar, et propose désormais des négociations directes avec Kaboul pour accélérer ces retours.
La stratégie de sécurité nationale du chancelier Friedrich Merz cherche à réduire la criminalité attribuée à une minorité d’étrangers et à rassurer un électorat inquiet face aux attaques violentes perpétrées par des migrants radicalisés. Le SPD et des Verts redoutent maintenant une normalisation des relations avec un régime taliban jugé incompatible avec les droits humains fondamentaux.
La présence d’une population immigrée toujours plus nombreuse a généré un sentiment de malaise dans certaines régions, où l’on craint l’effritement des valeurs et références culturelles partagées qui fondaient traditionnellement la cohésion allemande.
Malgré les politiques de déportation ciblées, de nombreux analystes expliquent que l’Allemagne peine à élaborer une vision claire et efficace de l’immigration et oscille constamment entre humanisme et protectionnisme, sans parvenir à construire un véritable projet d’intégration.


