Depuis le 25 juillet 2025, l’Online Safety Act impose des règles strictes au Royaume-Uni sur Internet. Fini le simple clic sur une case « j’ai 18 ans » pour accéder aux sites pornographiques.
Cette loi, portée par Ofcom, cherche à protéger les mineurs mais entre surveillance accrue et incohérences légales, cette législation dépasse largement son objectif initial.
Des vérifications d’âge obligatoires
La nouvelle loi de l’Online Safety Act exige que les sites hébergeant du contenu pornographique vérifient « rigoureusement » l’âge de leurs utilisateurs.
Avec environ 14 millions de Britanniques qui consomment du porno en ligne, Ofcom veut limiter l’accès des mineurs à des contenus explicites. Les plateformes qui ignorent ces règles s’exposent à des amendes colossales : jusqu’à 18 millions de livres ou 10 % de leur chiffre d’affaires mondial.
Mais la portée de l’Online Safety Act va au-delà des sites X. Des plateformes comme Wikipédia ou des forums Reddit dédiés à des sujets anodins, comme le cidre, sont aussi touchées, car la définition de « contenu adulte » reste vague. Cela crée une confusion généralisée et complique la mise en œuvre pour de nombreux sites.
L’Online Safety Act, tout dans contrôle variées
Pour se conformer à l’Online Safety Act, les plateformes doivent adopter des systèmes « précis, fiables et équitables« . Ofcom propose plusieurs options : vérification par carte bancaire, correspondance avec une pièce d’identité ou estimation d’âge via un selfie. Des géants comme Pornhub, X ou Grindr ont déjà annoncé des mesures.
Par exemple, X développe une technologie d’IA pour estimer l’âge par scan facial, tout comme Telegram. Discord offre le choix entre un scan du visage ou une pièce d’identité, tandis que Bluesky promet plusieurs alternatives.
Ces systèmes ne sont pas infaillibles. Chelsea Jarvie, experte en cybersécurité, rapporte que des utilisateurs déterminés trouvent des failles, comme utiliser le visage de Norman Reedus, tiré du jeu Death Stranding, pour tromper les contrôles.
De plus, la méfiance règne : après des cyberattaques très médiatisées, beaucoup hésitent à partager leurs données personnelles. Andy Lulham, de Verifymy, reconnaît qu’un adulte pourrait effectuer un contrôle d’âge pour un mineur, une faille comparable à l’achat d’un magazine porno pour un enfant.
L’épineuse question des VPN dans cette Online Safety Act
Ofcom interdit aux plateformes de promouvoir l’usage de VPN pour contourner les vérifications, une pratique désormais illégale selon le gouvernement. Les parents sont invités à restreindre l’accès des enfants aux VPN, mais Katie Freeman-Tayler, d’Internet Matters, prédit une hausse de leur utilisation face à ces restrictions.
Aylo, maison mère de Pornhub, se décharge de la question : « C’est aux gouvernements de gérer cela« , déclare un porte-parole.
L’Online Safety Act divise, et trois problèmes principaux ressortent rapidement.
Tout d’abord, c’est une menace sur l’anonymat.
Avec 12 000 arrestations annuelles pour des publications en ligne au Royaume-Uni, exiger une pièce d’identité pour accéder à des sites comme X inquiète. Cela va donner une traçabilité totale des activités en ligne. Les contournements sont encore possibles, l’adoption de règles similaires dans l’Union européenne rendra l’anonymat de plus en plus difficile, et exposera les utilisateurs à des risques de sanctions pour leurs propos.
Malheureusement, l’Online Safety Act sera un frein pour les petites entreprises. Les systèmes de vérification d’âge demandent des ressources importantes, un fardeau pour les startups ou les petits sites. Cette loi est donc un moyen de renforcer les monopoles des géants du web, qui soutiennent souvent ces régulations. Pourquoi innover quand des lois strictes peuvent étouffer la concurrence ? Cela semble aligné sur les intérêts des grandes entreprises.
L’Online Safety Act est avant tout une infantilisation des jeunes
Depuis que Keir Starmer a autorisé le vote dès 16 ans, les adolescents britanniques peuvent voter et avoir des relations sexuelles légalement. Pourtant, ils doivent attendre 18 ans pour accéder à du contenu explicite en ligne à cause de l’Online Safety Act.
Pourquoi confier des responsabilités majeures à des jeunes tout en les traitant comme des enfants dans ce domaine ?
Pour beaucoup, cette loi remplace le rôle des parents par un État intrusif, sous prétexte de protéger les mineurs.


