Le mardi 5 août, Donald Trump a annoncé que les États-Unis allaient commencer à taxer les médicaments pharmaceutiques importés. Pas de bouleversement immédiat : la taxe sera d’abord « faible », selon les mots du candidat républicain, mais elle devrait rapidement grimper dans les mois qui suivront. L’objectif est simple : faire revenir la production de médicaments sur le sol américain.
Interrogé par CNBC, l’ancien président a précisé qu’il imaginait une montée graduelle des taxes : « Dans un an, un an et demi au plus tard, le taux passera à 150 %, puis à 250 %. » Même si le pourcentage de départ n’a pas été indiqué, l’intention est claire : il s’agit de rendre les importations beaucoup plus coûteuses, pour rendre la fabrication locale plus rentable.
Depuis la pandémie, le pays s’est découvert trop dépendant de la Chine et de l’Inde pour ses médicaments génériques, ses principes actifs et même des produits aussi simples que le paracétamol. Les appels à relocaliser cette production se sont multipliés ces dernières années, dans les rangs républicains comme démocrates. Trump, fidèle à sa logique « America First », veut frapper fort.
Trump mise sur la réindustrialisation pharmaceutique
Trump veut se présenter comme le seul capable de défendre les intérêts économiques des Américains. Et ce message passe d’autant mieux qu’il touche à un sujet sensible : la santé.
Les États-Unis sont parmi les pays qui paient le plus cher pour leurs médicaments. Et malgré ces prix élevés, de nombreux traitements sont fabriqués à l’étranger. Pour Trump, cette situation est inacceptable : « Nous devons fabriquer nos médicaments ici. C’est une question de sécurité. C’est une question de fierté. »
Le message passe bien chez une partie de l’électorat républicain, qui réclame depuis longtemps une forme de protection économique. Mais il séduit aussi certains démocrates du Midwest, lassés de voir leurs industries partir à l’étranger. D’après un sondage Gallup réalisé en juillet, près de 63 % des Américains pensent que leur pays devrait produire ses médicaments sur son propre territoire, même si cela augmente les prix à court terme.
Un plan risqué pour les labos… et les patients
Si la promesse est populaire, sa mise en œuvre pourrait être plus compliquée. Imposer une taxe de 250 % sur des produits importés, c’est envoyer un message fort. Mais cela risque aussi de faire grimper les prix dans un premier temps. Et les grands groupes pharmaceutiques n’ont pas attendu pour réagir. Ces annonces peuvent causer des ruptures d’approvisionnement, surtout pour les médicaments génériques ou les traitements de niche.
Les laboratoires, de leur côté, rappellent que relocaliser la production prend du temps, surtout dans un secteur aussi réglementé. Il ne suffit pas de construire une usine : il faut former les équipes, sécuriser les matières premières, obtenir les autorisations sanitaires… et convaincre les investisseurs.
Côté patients, des associations ont commencé à alerter sur les effets possibles d’un passage en force. Une taxe de 250 %, appliquée trop vite, pourrait avoir des conséquences sur la disponibilité de certains traitements essentiels, en particulier pour les malades chroniques. « On ne joue pas avec les chaînes d’approvisionnement médicales comme on taxerait des jouets ou des voitures », rappelle un porte-parole de Patients for Affordable Drugs.
Et après les médicaments, les puces ?
Dans cette même interview, Donald Trump a glissé qu’il allait aussi s’attaquer aux semi-conducteurs. Là encore, sans entrer dans les détails, il a promis une annonce officielle « la semaine prochaine ». Ces composants sont présents dans tous les appareils électroniques : smartphones, voitures, équipements médicaux, etc. Pendant la pandémie, leur pénurie a mis à mal plusieurs secteurs stratégiques.
Trump a déjà commencé, lors de son précédent mandat, à imposer des barrières tarifaires à la Chine. Mais de nombreuses entreprises américaines continuent de dépendre des puces asiatiques, surtout taïwanaises.


