Le Fear of Missing Out (peur de manquer quelque chose), ou « FOMO », est un concept qui décrit l’anxiété liée à l’idée de manquer des expériences, informations ou opportunités perçues comme bénéfiques et valorisantes.
Cette peur se traduit généralement par une hyperconnexion ou des prises de décision précipitées. Ce terme a été créé par Dan Herman et popularisé dans les années 2000 par Partick Mcginnis. Le FOMO a l’objet d’études, d’abord marketing puis psychologiques à partir des années 2010.
C’est quoi le FOMO?
Le FOMO est une expérience émotionnelle négative, et peut prendre plusieurs formes. Le plus connu est le FOMO lié à la vie sociale : l’individu en souffrant craint de rater des interactions et évènements sociaux, et d’être mis de côté en n’y participant pas.
Cette anxiété touche particulièrement les jeunes, pour lesquels le besoin d’être souvent connecté pour ne rien manquer s’intensifie. Cette forme de FOMO repose essentiellement sur la comparaison sociale. Le FOMO peut aussi toucher à la carrière : manquer une opportunité de promotion ou une réunion importante peuvent déclencher cette angoisse.
On retrouve aussi le FOMO lié à la consommation : la peur de rater une offre limitée, ou de ne pas posséder l’objet à la mode. D’autres formes existent également, comme la peur de faire les mauvais choix, ou de ne pas se tenir informé des dernières tendances…
Le FOMO profite aux publicitaires
Bien qu’apparu avant l’avènement des réseaux sociaux, ceux-ci ont largement amplifié le phénomène du FOMO. Grâce, ou à cause des réseaux sociaux, les vies de chacun sont devenues beaucoup plus exposées et accessibles. Cela nous pousse pour beaucoup à ne partager que le positif sur nos profils, comme des voyages ou des moments passés entre amis. À terme, nous finissons entourés de publications de proches dont la vie semble idéale, renforçant le sentiment de gâcher notre vie pendant que les autres réussissent les leurs. De plus, les algorithmes des réseaux sociaux sont conçus pour exploiter nos failles, nous poussant à l’engagement, et donc à nourrir ce sentiment.
Nous retrouvons également de nombreux exemples de techniques jouant sur la peur de rater quelque chose dans la publicité et sur Internet. Voici divers exemples que l’on rencontre régulièrement :
- Urgence temporelle : « Offre valable aujourd’hui seulement »
- Rareté : « Il ne reste que quelques articles en stock »
- Effet de mode : « Produit le plus vendu cette semaine »
- Rappels par mail : « Les promotions sont presque terminées, n’attendez plus »
Ces techniques jouent sur divers aspects de la psychologie humaine, comme le sentiment de comparaison et d’exclusion, ou encore la peur de manquer une opportunité. Leur but est d’encourager une prise de décision rapide, motivée par l’émotion plutôt que par la raison.
Y a-t-il une reconnaissance médicale
À l’heure actuelle, le FOMO n’est pas reconnu comme un trouble psychologique par les manuels diagnostiques de référence. Néanmoins, il est associé à des troubles anxieux, à des symptômes dépressifs ou encore à la dépendance aux réseaux sociaux. En effet, certains comportements compulsifs, comme le fait de scroller indéfiniment, peuvent être encouragés par cette angoisse de rater des évènements.
Comment s’en détacher ?
Il est très difficile de se défaire du sentiment de FOMO. Il ne suffit pas d’en avoir l’intention, il faut un réel travail psychologique et comportemental. Si vous ou l’un de vos proches en souffrez, il est pertinent de consulter un psychologue d’orientation TCC (Thérapies Cognitives et Comportementales) qui saura vous aiguiller. Si vous n’en avez pas le temps ou les moyens, voici quelques conseils qui peuvent vous aider.
Tout d’abord, il convient de rappeler que le FOMO est souvent issu de la comparaison aux autres. Globalement, il faut avoir conscience que ce que l’on voit sur les réseaux sociaux est souvent trié, exagéré, et que seul le positif est retenu. Nous ne pouvons pas vivre toutes les expériences au monde, et en rater certaines ne signifie pas que nous devrions remettre notre valeur en question, ou que nous faisons les mauvais choix. L’idéal est de se recentrer sur nos propres besoins et envies, plutôt que sur ceux que nous voyons en ligne.
Ensuite, il est important de prendre conscience du FOMO lorsqu’il se manifeste. Pour cela, lorsque l’on ressent cette peur, il faut s’interroger sur son origine. Qu’est-ce qui nous fait peur, et de quoi a-t-on peur ? Par exemple, si cette anxiété se déclenche en visionnant une story Instagram d’amis en vacances, elle peut provenir de la crainte d’être exclu ou de rater des opportunités. Comprendre les origines de nos peurs peut nous aider à prendre du recul sur celles-ci.
Une fois cela identifié, nous pouvons agir sur ces facteurs. Par exemple, si le FOMO que nous ressentons se déclenche dès lors que nous recevons des notifications, il est possible de couper ces dernières pour s’en détacher et penser à autre chose. Les appareils et applications modernes nous permettent de trier nos notifications, de sorte que nous puissions garder l’essentiel, tout en supprimant ce qui pourrait être considéré comme superflu.
D’autres efforts conscients, comme interdire les écrans dans la chambre, ou régler une limite de temps à l’avance pour l’application, peuvent aider à réduire l’exposition à ce qui provoque le FOMO.
À terme, ces actions permettent la modification de notre rapport vis-à-vis de ce qui nous provoque cette anxiété de rater des évènements. Néanmoins, il faut y aller par étape. Par exemple, supprimer directement les applications qui nous gênent peut représenter un changement trop radical et difficile à tenir, ce qui nous fait revenir. C’est pour cela qu’il est préférable de réduire petit à petit notre utilisation, jusqu’à trouver le point d’équilibre qui nous convient.


