LE CAP, 3 juin (Le Parisien Matin) – En Afrique du Sud, des foules violentes hostiles aux migrants ont contraint des centaines d’étrangers à fuir leur foyer. Au moins cinq Mozambicains ont été tués au cours des semaines de troubles. Par conséquent, des centaines de personnes sont rentrées chez elles, tandis que le Ghana et le Nigeria ont organisé des vols de rapatriement d’urgence pour évacuer leurs ressortissants de cette situation périlleuse.
Une traque organisée dans les townships
Des centaines d’étrangers craignant pour leur vie ont trouvé refuge dans des centres communautaires sur la côte sud. Ces individus, principalement originaires du Malawi et du Mozambique, rapportent que des foules locales font du porte-à-porte pour exiger leur départ immédiat du territoire. L’anti-migrant en Afrique du Sud se manifeste par des méthodes d’intimidation brutales, obligeant de nombreuses familles à passer des nuits dans la brousse ou dans les montagnes avant de rejoindre des lieux plus sûrs.
Thomas Vincent Baloyi, un Mozambicain travaillant dans la construction depuis 16 ans, témoigne de la violence subie :
« Ils nous ont chassés comme des chiens, ce qui est injuste car, en fait, je suis un être humain. »
Cette montée de l’anti-migrant en Afrique du Sud a culminé le week-end dernier dans la ville de Mossel Bay, où 55 habitations de fortune ont été incendiées par des groupes hostiles.
Ultimatum et climat de peur
L’anti-migrant en Afrique du Sud est attisé par des groupes radicaux qui ont fixé une date butoir au 30 juin pour le départ des travailleurs sans papiers. Dans plusieurs régions, des individus armés de bâtons, de fouets et de haches patrouillent pour faire appliquer cet ultimatum. Msa Nomatiti, conseiller local, souligne que ces groupes tirent des gens hors de leurs maisons, sans distinction entre les situations administratives.
La situation dans la région est critique, avec des centaines de déplacés entassés dans des centres de fortune où les conditions sanitaires sont précaires. L’anti-migrant en Afrique du Sud touche également des zones comme Kleinmond, où des familles malawites ont dû tout abandonner.
Un ressortissant malawite, Michael Markson, explique que « c’est mieux de rentrer chez soi vivant que de perdre la vie ici ».
Entre impunité et réponses politiques
Alors que la police sud-africaine tente de gérer les troubles, les autorités mozambicaines dénoncent une « conséquence directe des attaques xénophobes ». Ce regain d’anti-migrant en Afrique du Sud s’inscrit dans un contexte historique de tensions cycliques liées aux frustrations économiques et au chômage élevé. L’anti-migrant en Afrique du Sud est souvent utilisé comme un bouc émissaire par des acteurs politiques locaux cherchant à détourner l’attention des difficultés structurelles du pays.
Malgré les appels au calme, l’anti-migrant en Afrique du Sud continue de paralyser le quotidien de nombreux travailleurs étrangers. Tandis que les opérations de rapatriement se poursuivent, les organisations humanitaires s’inquiètent de la pérennité de ces mouvements de haine qui, faute de poursuites judiciaires fermes, menacent la stabilité des communautés étrangères dans le pays.


