BRUXELLES, 19 juin (Le Parisien Matin) – Lors de la conclusion d’un sommet européen de deux jours, le président français Emmanuel Macron a officiellement déclaré que son pays ne soutient pas la création de centres de retour pour migrants situés dans des pays tiers.
Le chef de l’État a exprimé de sérieux doutes sur l’efficacité réelle de ces structures, tout en soulignant qu’il respectait la volonté des nations souhaitant explorer cette voie.
Le président a vivement questionné la viabilité opérationnelle de l’externalisation de la gestion migratoire. Selon lui, déplacer des individus vers des pays tiers sans lien avec leur histoire ne constitue pas une réponse durable. Lors de son intervention, il a déclaré :
« Je n’ai jamais vu un centre de retour dans un pays tiers qui fonctionne réellement ».
Cette remise en question porte également sur les principes fondamentaux sur lesquels l’Union européenne a été bâtie, le président s’interrogeant sur la conformité de ces centres avec les valeurs européennes.
La France n’est pas isolée dans cette critique. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, présent à Bruxelles, a également réitéré l’opposition de l’Espagne à ces projets. Il a affirmé que ces centres représenteraient un gaspillage de ressources économiques, dans un contexte où les financements européens sont limités. Malgré cette résistance, une coalition de 19 États membres de l’Union européenne a récemment signé une lettre ouverte soutenant la création de plateformes de débarquement et de déportation hors des frontières de l’espace Schengen.
Malgré son opposition aux centres externes, Emmanuel Macron a précisé que la France demeure favorable à une politique de retour plus efficace. Le gouvernement français privilégie le renforcement des règles actuelles pour faciliter les rapatriements directs vers les pays d’origine. Ce débat intervient alors que le Parlement européen a récemment validé une réforme migratoire visant à accélérer les expulsions et autorisant légalement le recours à des centres de détention offshore. Ce dossier continue de diviser profondément les leaders européens, illustrant les tensions persistantes sur la gestion des flux migratoires au sein du bloc.


