ÉVIAN-LES-BAINS, 17 juin (Le Parisien Matin) – Le président des États-Unis, Donald Trump, a ouvert la porte à une possible levée des sanctions économiques imposées à l’Iran. Lors d’une intervention auprès des journalistes en marge du sommet du G7, le chef de l’État a conditionné cet allégement à une évolution positive de l’attitude de Téhéran.
Le président américain a reconnu que les mesures de rétorsion actuelles, bien que conçues pour empêcher toute reconstruction économique, ne pourraient pas être maintenues indéfiniment sans provoquer une crise humanitaire majeure. Il a souligné les risques de pauvreté extrême pour la population iranienne, composée de 91 millions de personnes.
« Quand ils se comporteront bien, nous allons laisser tomber cela. Nous allons devoir le faire », a déclaré Donald Trump devant la presse internationale présente sur le site du sommet.
La question des fonds gelés
Au-delà de la pression économique, le sujet des avoirs iraniens bloqués par Washington a été abordé. Le président a admis que ces fonds, techniquement propriété de l’Iran, devraient faire l’objet d’une restitution à terme.
Cette position s’appuie sur une logique de préservation de la crédibilité du système financier américain. Selon l’analyse du président, refuser de rendre ces capitaux de manière permanente finirait par dissuader les investisseurs mondiaux de s’appuyer sur le dollar. Pour maintenir l’attractivité de la devise américaine, le retour des fonds semble inévitable selon ses propres termes.
Un cadre préliminaire pour la paix
Ces déclarations interviennent dans un contexte de désescalade avec l’initiation d’un protocole d’accord de 14 paragraphes visant à suspendre les hostilités militaires entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Ce document, qui doit être formalisé en Suisse, constitue une première étape vers une résolution diplomatique durable.
Toutefois, la prudence reste de mise. Le président a assorti cet accord d’un avertissement clair : le cadre actuel reste préliminaire. Si l’Iran ne respecte pas les engagements pris au cours des 60 jours de négociations à venir, les États-Unis se réservent le droit de reprendre des opérations militaires directes.
Impacts immédiats sur le marché pétrolier
L’annonce de cette avancée diplomatique a provoqué des répercussions immédiates sur les marchés mondiaux. Les prix du pétrole ont chuté pour atteindre un plus bas depuis trois mois, apaisant les craintes d’une crise énergétique globale.
Parmi les mesures concrètes prévues par l’accord, les États-Unis s’engagent à lever leur blocage naval dans le détroit d’Ormuz sous 30 jours, tandis que l’Iran s’est engagé à sécuriser les voies maritimes. En parallèle, des dérogations du Trésor américain permettront à l’Iran d’exporter à nouveau du pétrole et des produits pétrochimiques sur le marché mondial, bien que le gel de l’infrastructure nucléaire soit maintenu au statu quo actuel.
Interrogé sur les pertes civiles, notamment lors d’une frappe aérienne ayant touché une école, le président a écarté toute sanction au sein de son administration, affirmant que des erreurs sont commises dans la conduite des opérations.


