WASHINGTON, 28 juillet (Le Parisien Matin) – C’est à Washington que Donald Trump s’apprête à mener une séquence diplomatique à haut risque ce mardi, en recevant successivement le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et le président ukrainien Volodymyr Zelensky alors que les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient atteignent un point de bascule.
Les deux dirigeants font le déplacement pour assister à l’hommage rendu au sénateur Lindsey Graham, proche allié du président américain, mais l’agenda est largement dominé par les deux guerres.
Zelensky place la défense aérienne au coeur des discussions
La relation entre Trump et Zelensky s’est nettement réchauffée ces derniers mois, portée par la résistance ukrainienne face aux avancées russes et les frappes réussies contre l’industrie pétrolière russe.
Le président ukrainien arrive avec une demande très claire. Volodymyr Zelensky a résumé l’esprit de sa visite en expliquant que la priorité absolue reste la défense antibalistique et la coopération stratégique avec les États-Unis, ajoutant simplement :
« La paix doit se rapprocher ».
Dans les coulisses, Kyiv réclame le feu vert pour acheter des intercepteurs pour les batteries Patriot, la finalisation d’un accord sur les drones et une licence de production locale des intercepteurs promise lors du sommet de l’OTAN.
Après la Maison Blanche, Zelensky doit se rendre au Capitole pour s’adresser aux cent sénateurs, alors que le Pentagone a indiqué vouloir étaler jusqu’à l’exercice 2029 une enveloppe de 400 millions de dollars d’aide déjà autorisée.
Netanyahu entre guerre en Iran et calcul politique
Le contexte est très différent pour Benyamin Netanyahu. Il s’agit de sa huitième rencontre avec Trump depuis son retour au pouvoir, la première depuis l’embrasement direct avec l’Iran.
Après l’effondrement du cessez le feu et une pause annoncée des frappes américaines pour laisser une chance à la diplomatie, Washington affiche une frustration croissante face à l’absence de règlement plus large.
Les échanges porteront aussi sur le Liban, où un accord cadre parrainé par les États-Unis peine à s’appliquer, et sur Gaza.
Trump a salué Netanyahu comme un formidable Premier ministre de temps de guerre, mais les tensions sont réelles après des désaccords sur les opérations au Liban.
Pour Netanyahu, fragilisé dans les sondages à l’approche du scrutin du 27 octobre, afficher sa proximité avec la Maison Blanche est un enjeu intérieur majeur.
L’héritage Graham et le pari des accords d’Abraham
Au delà des urgences militaires, la Maison Blanche veut remettre sur la table les accords d’Abraham.
Trump cherche à y intégrer l’Arabie saoudite, conditionnant un accord de coopération nucléaire civile à une normalisation avec Israël, ce que Riyad refuse pour l’instant sans perspective d’État palestinien.
La Maison Blanche indique aussi vouloir discuter des tensions persistantes entre Israël et le Liban, dont le président a été reçu la semaine dernière.


