ALGÉSIRAS, 4 septembre (Le Parisien Matin) – Dans la nuit de mardi à mercredi, une mère de 71 ans et sa fille de 43 ans sont mortes après la chute de leur voiture dans la mer dans le port de la baie d’Algésiras, en Espagne. Elles s’apprêtaient à embarquer à bord d’un ferry à destination de Tanger, au Maroc, avec deux membres de leur famille.
Le véhicule bascule depuis une rampe d’accès
Vers 00 h 30, la famille d’origine marocaine, domiciliée à Ségovie au nord de Madrid, a franchi les contrôles portuaires. Le personnel au sol leur a indiqué la zone où stationner en attendant l’embarquement.
Pour une raison que l’enquête devra déterminer, le véhicule n’a pas marqué l’arrêt. Il a continué vers une rampe d’accès et a basculé dans l’eau, alors que le navire n’était pas encore amarré à quai, a rapporté El País.
Les secours ont été alertés immédiatement après la chute. Des plongeurs sont intervenus dans des conditions nocturnes malgré une visibilité jugée correcte.
Les deux victimes se trouvaient à l’arrière de la voiture. Elles sont restées piégées dans l’habitacle immergé et n’ont pas pu s’extraire.
Leurs dépouilles ont été récupérées par les équipes de plongeurs dépêchées sur place. L’âge des deux femmes a été précisé par le média 20 Minutos.
Deux hommes parviennent à s’extraire
À l’avant du véhicule se trouvaient deux hommes. Ils sont parvenus à sortir par leurs propres moyens avant l’arrivée des secours.
L’époux de l’une des victimes, âgé d’environ 70 ans, et un homme d’une cinquantaine d’années ont été pris en charge et transportés à l’hôpital. Le plus âgé a été hospitalisé dans un état grave.
La voiture a ensuite été repêchée afin de permettre les vérifications techniques.
Une enquête a été ouverte pour établir les circonstances exactes de l’accident. La piste d’une erreur d’inattention a été évoquée par les enquêteurs.
« [Le conducteur] a peut-être cru que le bord du quai était plus éloigné ».
A suggéré une source policière.
Du brouillard a été constaté durant la nuit dans l’enceinte portuaire. Il n’était toutefois pas assez épais pour réduire la visibilité de manière significative, ont expliqué nos confrères.
Un accident révélateur des risques portuaires nocturnes
Cet accident met en lumière une zone grise bien connue des professionnels du transport maritime : la phase d’attente avant embarquement.
À Algésiras, premier port espagnol pour le trafic avec le Maroc, des milliers de véhicules patientent chaque semaine sur des terre-pleins étroits, souvent mal éclairés, où la signalisation horizontale se confond avec les traces de pneus et les flaques d’hydrocarbures.
La configuration décrite, une rampe d’accès directe sans barrière physique alors que le ferry n’était pas à quai, interroge. Dans la plupart des ports européens, des blocs ou des chaînes condamnent les rampes inactives. Leur absence, même ponctuelle, laisse place à une erreur humaine fatale, surtout à 00 h 30 après plusieurs heures de route depuis Ségovie.
L’hypothèse avancée par la source policière est crédible. La fatigue, l’effet d’optique créé par l’eau sombre et le stress de l’opération de traversée du détroit, particulièrement intense en période estivale pour les familles de la diaspora marocaine, forment un cocktail à risque. L’enquête devra aussi vérifier l’état du freinage et la signalisation lumineuse du quai.
Au-delà du drame familial, l’événement devrait pousser l’Autorité portuaire à réexaminer son protocole de guidage des véhicules légers.


