samedi, 5 septembre Magazine

BORDEAUX, 4 septembre (Le Parisien Matin) – La Fédération Française de Football a confirmé jeudi 3 septembre l’exclusion des Girondins de Bordeaux des championnats nationaux. La décision a scellé le destin du club professionnel, qui ne participa plus aux compétitions nationales cette saison et se rapprocha d’une liquidation judiciaire imminente.

Sauf improbable repreneur de dernière minute, l’institution centenaire se dirigea vers une disparition de la scène professionnelle. Le scénario précipita le FCGB vers le football régional après plusieurs mois d’incertitudes financières et juridiques.

La FFF a entériné l’exclusion déjà envisagée ces dernières semaines. Comme l’a rapporté Sud Ouest, « En confirmant l’exclusion des Girondins de Bordeaux des championnats nationaux, la Fédération Française de Football a scellé le destin du club ».

Le quotidien a souligné que « L’espoir d’un miracle s’est (définitivement ?) envolé jeudi 3 septembre 2026 ». Le club au scapulaire se retrouva sans championnat pour la saison en cours.

Vers une liquidation judiciaire

Faute de solution de reprise, la direction fut contrainte d’envisager la liquidation dans les prochains jours. Le texte source a indiqué que « le FCGB se dirige tout droit vers une liquidation judiciaire ».

Cette issue concerna « cette institution centenaire » dont l’histoire dépassa le cadre sportif. Les procédures en cours laissèrent peu de marge aux dirigeants bordelais.

Au-delà des résultats, le club représenta un héritage collectif. Sud Ouest a rappelé que :

« Les Girondins de Bordeaux ne se résument pas à des batailles juridiques ou même un palmarès : c’est un patrimoine… ».

Le journal a insisté sur la dimension mémorielle en affirmant que « le passé, lui, reste indélébile ». Les titres de champion, l’épopée européenne de 1996 et les souvenirs du Parc Lescure furent cités comme repères.

Face à la menace de disparition, le quotidien régional lança un appel intitulé « Mes Girondins ». L’initiative invita les supporters à « Racontez vos souvenirs » pour faire vivre la mémoire du club.

Les participants furent invités à soumettre leurs récits via la plateforme officielle du journal. Ils purent évoquer leurs émotions et ce que le club représenta dans leur vie personnelle.

BORDEAUX, LA FIN D’UN MODÈLE

C’est une page qui se tourne, mais surtout un miroir tendu au football français. La chute des Girondins ne doit rien au hasard sportif. Elle raconte une décennie de gestion erratique, de rachats à crédit et de paris intenables.

Bordeaux n’est pas Sedan ou Le Mans. C’est six titres de champion, une Coupe UEFA perdue contre le Bayern en 1996 restée dans toutes les mémoires, un centre de formation qui a sorti Tigana, Lizarazu, Gourcuff. Quand une telle maison s’effondre, ce n’est pas un accident local, c’est un symptôme.

Depuis le départ de M6, le club a vécu sous perfusion. Le passage sous Gérard Lopez, les dettes restructurées, la DNCG qui serre puis desserre, la FFF qui finit par trancher : chaque étape a montré les limites d’un système où la valeur d’un club tient plus à ses droits TV futurs qu’à sa trésorerie réelle. Bordeaux a payé au prix fort l’inflation des salaires de Ligue 1 et l’absence d’un actionnaire capable d’éponger.

Reste le vide culturel. En Gironde, le FCGB n’était pas un simple club, c’était un rituel familial, le Lescure du dimanche, le scapulaire cousu sur le cartable.

L’appel à témoignages de Sud Ouest est intelligent : quand l’institution sportive meurt, il ne reste que le récit. Et ce récit-là, aucun tribunal de commerce ne peut le liquider.

La question désormais est de savoir si la disparition du professionnalisme entraînera une renaissance à la Strasbourgeoise, repartie de CFA 2, ou une lente dilution en Régional. Dans les deux cas, Bordeaux a déjà perdu ce qui faisait son statut : sa place dans la conversation nationale.

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