BORDEAUX, 28 juillet (Le Parisien Matin) – Alors que les pompiers luttent sans relâche contre un incendie hors de contrôle, la France se prépare à affronter sa quatrième vague de chaleur majeure de l’été, avec des conditions qui pourraient encore aggraver la situation sur le terrain.
Le feu qui ravage le massif des Landes, au sud-ouest de Bordeaux, a été contenu pendant la nuit par les équipes au sol, mais la situation reste extrêmement fragile.
La sénatrice de la Gironde a prévenu que tout dépendra de l’évolution sur le terrain dans les prochaines heures.
L’inquiétude est d’autant plus vive que le front de l’incendie s’est rapproché à une quinzaine de kilomètres des abords de la métropole bordelaise.
La France traverse une saison de feux sans précédent. Avec plus de 42 000 hectares partis en fumée dans ce seul foyer, le bilan dépasse déjà celui de 2022, qui constituait jusqu’ici l’année de référence.
Les vastes pinèdes des Landes, gorgées de résine et asséchées par des semaines sans pluie, offrent un combustible idéal.
La violence du brasier est telle qu’il génère ses propres orages électriques, compliquant le travail des soldats du feu.
Les autorités ont ordonné l’évacuation d’environ 220 000 personnes, entre habitants et vacanciers présents en pleine saison estivale.
Une seule lueur d’espoir est apparue près de Biscarrosse, à 40 kilomètres au sud de Bordeaux, où près de 15 000 personnes évacuées la semaine dernière ont pu entamer un retour progressif chez elles et dans les campings voisins.
La préfecture reste toutefois prudente et alerte sur le risque de reprises.
C’est l’autre menace qui pèse sur le Sud-Ouest. Météo-France prévoit une forte dégradation avec 33 degrés attendus à Bordeaux ce mardi, soit 7 degrés au-dessus de la moyenne de référence 1961-1990, puis un pic à 37 degrés mercredi.
Vent, sécheresse extrême et chaleur forment un cocktail explosif.
Pour les centaines de pompiers mobilisés, chaque degré supplémentaire rend le contrôle des lisières plus périlleux et multiplie le risque de nouvelles éclosions.
Au cœur du dispositif, l’émotion est palpable.
« La situation que nous vivons aujourd’hui est la plus grave jamais enregistrée, la plus dure depuis la Seconde Guerre mondiale ».
A déclaré le président Emmanuel Macron lundi soir lors de son déplacement sur place.
Les conséquences dépassent déjà le cadre environnemental.
L’autoroute A63 reste partiellement fermée pour laisser passer les convois de secours, tandis que le trafic ferroviaire au sud de Bordeaux est à l’arrêt, à l’exception de la ligne vers Toulouse.
Le gouvernement appelle les voyageurs à reporter tout déplacement non essentiel vers les plages atlantiques et les domaines viticoles de la région, le temps que la situation se stabilise.


