WASHINGTON, 28 juillet (Le Parisien Matin) – Alors que les États-Unis venaient de suspendre brutalement une campagne de deux semaines de frappes aériennes contre l’Iran, le président Donald Trump a assuré que des contacts diplomatiques étaient en cours et qu’un accord restait possible, tout en prévenant que les opérations reprendraient en cas d’échec.
Une pause soudaine après treize nuits de bombardements
Le président américain a résumé la situation en affirmant
« Nous avons de bonnes discussions et je pense qu’il y a de bonnes chances que quelque chose se produise ».
Selon lui, si rien n’aboutit, les forces américaines reviendront à ce qu’elles faisaient deux jours plus tôt. Plus tard, lors d’un meeting dans le Michigan, il a durci le ton tout en parlant de négociations très amicales.
Côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Esmail Baghaei a assuré que des messages continuaient de transiter via des médiateurs, tout en jugeant fabriqués les récits selon lesquels Téhéran aurait quémandé des pourparlers.
Un haut responsable iranien a indiqué que Téhéran suspendrait ses propres attaques tant que le cessez-le-feu auto-imposé par Washington serait respecté.
En coulisses, des commandants américains auraient conseillé l’arrêt des frappes faute de cibles nouvelles, avec l’inquiétude du chef d’état-major interarmées sur les stocks de munitions.
Le président a balayé ces inquiétudes en affirmant que les inventaires étaient en cours de reconstitution.
Drones sur Riyad, Amman et Bagdad dès le premier jour de répit
Malgré l’optimisme affiché, la trêve a été immédiatement mise à l’épreuve. L’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Irak ont signalé lundi des incursions de drones.
Riyad a annoncé avoir abattu des engins visant des installations pétrolières, y compris dans la capitale, et les a attribués à des groupes armés soutenus par l’Iran opérant depuis l’Irak, en se réservant le droit de riposter
. En parallèle, les Houthis au Yémen ont revendiqué une attaque contre l’oléoduc Est-Ouest qui achemine le brut vers le port de Yanbu sur la mer Rouge, présentée comme une réponse à des incursions saoudiennes.
Le commandement militaire central iranien a accusé de son côté les États-Unis de menacer des navires et des pétroliers dans ses eaux territoriales et de tenter d’imposer un blocus maritime illégal.
Le détroit d’Ormuz reste la ligne de fracture
Au cœur de la crise demeure le détroit d’Ormuz, artère vitale pour l’énergie mondiale. Des médias d’État iraniens ont affirmé que six navires en infraction avaient été refoulés lundi pour avoir tenté de traverser sans autorisation.
Téhéran revendique la supervision du chenal le plus proche de ses côtes et veut y imposer des droits de passage, tandis que Washington exige une liberté totale de navigation.
Un cadre d’accord conclu en juin prévoyait des discussions d’ici fin août sur le nucléaire et d’autres dossiers, mais les deux capitales s’opposent déjà sur l’interprétation du texte concernant le détroit.
Pétrole en chute et opinion américaine sous pression
L’arrêt de la campagne américaine, après treize nuits consécutives de bombardements ayant détruit ponts, tunnels et sites militaires dans le sud de l’Iran, a fait plonger les marchés.
Le brut américain a perdu 8,21% à 81,98 dollars le baril et le Brent 9,31% à 87,77 dollars.
Le bilan humain reste lourd, avec des dizaines de morts côté iranien et quatre militaires américains tués dans des tirs de riposte contre des bases dans les pays voisins.
Aux États-Unis, l’impopularité du conflit pèse sur la Maison Blanche à quelques mois des élections de mi-mandat.
Un sondage Reuters Ipsos du week-end crédite le président de 37% d’opinions favorables, en légère hausse, mais seul un Américain sur trois soutient la guerre contre l’Iran, le plus bas niveau enregistré depuis le début du conflit il y a cinq mois.


