BRUXELLES, 10 juin (Le Parisien Matin) – L’Union européenne a officiellement activé son nouveau régime de sanctions pour entrave à la liberté de navigation. Cette décision vise directement la marine iranienne ainsi que des responsables impliqués dans le blocage du détroit d’Ormuz, un point névralgique du commerce maritime mondial.
Une première européenne historique
Le bloc européen a ciblé les commandants locaux de la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGCN). Selon la décision officielle, cette unité militaire a pris le contrôle effectif du passage, imposant un système de péage illégal aux navires marchands. Il s’agit de la toute première application concrète des nouvelles mesures restrictives de l’UE pour garantir la liberté de navigation.
Cette initiative fait suite à un choc énergétique majeur ressenti par les économies européennes après la mise en place de restrictions par Téhéran. En mai, le Conseil de l’Union européenne a donc étendu son cadre légal pour cibler spécifiquement les entités compromettant le transit légal dans cette voie navigable stratégique.
Commandants et responsables visés
Les mesures de l’UE concernent principalement le commandement provincial d’Hormozgan, accusé de filtrer les navires et d’exiger des documents détaillés sur leurs cargaisons. Deux individus clés ont également été ajoutés à la liste noire : Mohammad Akbarzadeh et Hamid Hosseini.
Le premier, commandant adjoint aux affaires politiques de la marine iranienne, est sanctionné pour ses menaces répétées d’utiliser des missiles et des drones contre les navires en transit. Le second, représentant commercial au sein de l’Union des exportateurs de produits pétroliers, est ciblé pour avoir activement promu le système de péages imposé aux navires souhaitant assurer leur passage.
« Ministres, nous étions clairs aujourd’hui : les actions de l’Iran sont inacceptables », a déclaré Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, lors d’une réunion des ministres de la Défense à Chypre.
Impact des mesures restrictives
Les sanctions imposées aux entités et individus de la marine iranienne prennent plusieurs formes. Tout d’abord, un gel des avoirs est appliqué à l’ensemble des ressources économiques et fonds détenus sous juridiction européenne. Parallèlement, une interdiction de voyage et de visa a été prononcée à l’encontre des personnes physiques désignées.
Enfin, toute transaction financière ou mise à disposition de ressources par des citoyens ou organisations de l’UE envers ces cibles est strictement interdite. Ces mesures s’inscrivent dans un contexte de tensions accrues, alors que l’Iran continue de contester ces décisions, qualifiant le mouvement de politique et injustifié.


