SANAA, 25 juillet (Le Parisien Matin) – Les forces gouvernementales et les rebelles houthis renforcent leurs positions le long de la ligne de front à Sanaa, selon des responsables militaires et des analystes. Le Yémen glisse progressivement vers la reprise d’un conflit gelé depuis plus d’une décennie. Cette escalade fait suite à des attaques menées contre des infrastructures saoudiennes et des navires marchands par les insurgés alignés sur l’Iran.
Malgré les efforts de médiation menés par l’Organisation des Nations unies, Oman et récemment le Pakistan, le pessimisme grandit quant aux perspectives d’une résolution négociée. L’Arabie saoudite cherchait pourtant à éviter un tel scénario depuis la signature d’un cessez-le-feu en 2022. Ce dernier avait permis de suspendre une guerre particulièrement meurtrière marquée par des centaines de milliers de décès dus aux combats et à la famine.
Les attaques récentes contre un aéroport saoudien et l’annonce d’un blocus naval modifient profondément les calculs de Riyad, d’après les diplomates et les observateurs. Les Houthis affirment que ces opérations constituent une riposte à des frappes saoudiennes menées sur des infrastructures sous leur contrôle.
Cette tension accrue intervient deux semaines après l’effondrement d’une trêve intérimaire qui menaçait déjà la stabilité régionale. L’Iran et ses alliés semblent désormais y voir une opportunité pour accentuer la pression sur l’Arabie saoudite et les États-Unis. La situation fragilise la détente entre Riyad et Téhéran amorcée en 2023.
Les mouvements de troupes s’intensifient de manière significative dans le nord-ouest du pays, de la côte de la mer Rouge jusqu’à la frontière saoudienne. Les observateurs constatent une mobilisation sans précédent depuis la fin officielle des hostilités majeures.
« Depuis 2022, ce sont les préparatifs de conflit les plus sérieux que j’ai vus »
A déclaré Baraa Shiban, analyste yéménite et chercheur associé au centre de réflexion Royal United Services Institute en Grande-Bretagne.


