SAINT-ANDRE-GOULE-D’OIE, 24 juin (Le Parisien Matin) – La France est confrontée à une situation dramatique dans ses zones agricoles. Une canicule record frappe le pays, entraînant la mort de centaines de milliers de volailles, particulièrement dans les régions de Bretagne et des Pays de la Loire.
Ces deux secteurs concentrent près de 60 % de la production avicole française, plaçant le pays au troisième rang des producteurs au sein de l’Union européenne.
L’ampleur du phénomène dépasse les capacités logistiques habituelles. Les services de récupération des cadavres, habituellement chargés de transporter les animaux vers des centres d’équarrissage, sont totalement saturés par les volumes constatés ces derniers jours. Les chambres d’agriculture locales ont été contraintes d’émettre des recommandations d’urgence pour gérer les carcasses sur place.
Les éleveurs sont désormais invités à recouvrir les dépouilles avec de la sciure ou des copeaux de bois afin d’absorber les liquides. Par ailleurs, les autorités envisagent d’autoriser l’enterrement des volailles directement sur les exploitations, sous réserve de contrôles techniques et environnementaux stricts.
La souffrance des animaux est devenue une préoccupation majeure pour les professionnels du secteur. Clement Blanchard, un éleveur de 32 ans installé à Saint-Andre-Goule-d’Oie, dans les Pays de la Loire, témoigne de la violence de cet épisode thermique. En quelques jours, il a perdu environ 700 poulets, alors que le taux de mortalité habituel ne dépasse pas une ou deux unités par jour.
« Nous sommes confrontés à la même chose avec nos animaux qu’avec nous-mêmes : ils souffrent énormément de la chaleur, et donc à des moments comme celui-ci il y a des taux de mortalité anormalement élevés », a-t-il déclaré.
Le secteur avicole n’est pas le seul à subir les conséquences de ces températures extrêmes. Les éleveurs de bovins font également face à des difficultés logistiques et économiques importantes. La chaleur réduit l’appétit des animaux et accroît leurs besoins en eau, ce qui entraîne une chute de la production laitière estimée entre 15 % et 20 % dans certaines exploitations situées près d’Angers.
Les vaches, en quête de fraîcheur, se regroupent près des points de ventilation tandis que les éleveurs font tourner les systèmes à pleine capacité. Cette vague de chaleur, qui touche l’ensemble de l’Europe de l’Ouest, a provoqué des perturbations majeures, allant de la fermeture des écoles à des coupures de courant, obligeant les agriculteurs à modifier leurs pratiques, notamment en effectuant les récoltes de céréales uniquement durant la nuit.


