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L'Union Européenne

L’UE Délivre Près De 230 Licences MiCA Avant la Fin De la Période de Transition

Daniele PepePar Daniele Pepesamedi, 27 juinAucun commentaire4 Min Temps de lecture
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Licences MiCA pour entreprises crypto
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BRUXELLES, 27 juin (Le Parisien Matin) – L’Union européenne franchit une étape cruciale dans la régulation des actifs numériques. Selon les données relayées par Wu Blockchain, environ 230 licences ont été délivrées dans le cadre du règlement sur les marchés de crypto-actifs, connu sous le nom de MiCA.

Ce chiffre, bien qu’important pour la structuration du secteur, ne représente qu’une fraction des plus de 1 200 entreprises qui opéraient jusqu’ici sous divers régimes d’enregistrement nationaux au sein des États membres.

Alors que la période de transition arrive à son terme, la cadence des octrois de licences est devenue un enjeu majeur pour les acteurs souhaitant maintenir un accès légal au marché européen. Dès le mois de juillet, les dispositifs transitoires restants expireront officiellement. Les entreprises de crypto-actifs n’ayant pas obtenu l’autorisation requise ne seront plus autorisées à servir les clients au sein de l’Union européenne. Elles seront alors contraintes de cesser leurs activités ou de procéder à une liquidation ordonnée de leurs services.

La géographie de la conformité européenne

L’Allemagne s’impose comme la juridiction la plus dynamique avec 56 licences approuvées. Elle est suivie par les Pays-Bas, qui totalisent 26 autorisations, puis par la France, avec 21 licences délivrées. Cette répartition souligne une disparité dans la vitesse de traitement entre les régulateurs nationaux des 27 États membres. À titre d’exemple, en France, environ 40 % des prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) précédemment enregistrés n’ont même pas déposé de dossier de demande pour une licence MiCA.

Ce processus marque la fin de l’une des refontes réglementaires les plus significatives de l’histoire financière numérique européenne. MiCA instaure un cadre unifié qui place les plateformes d’échange, les courtiers et les fournisseurs de portefeuilles sous une structure de supervision commune. Cette approche harmonisée remplace les exigences nationales fragmentées par un cadre unique applicable à l’ensemble du bloc. Une fois autorisée dans un pays, une entreprise peut bénéficier du « passeport européen » pour proposer ses services dans toute l’Union.

Licences MiCA et entreprises crypto

Pression accrue sur les petites structures

Le niveau élevé des exigences financières, structurelles et de lutte contre le blanchiment d’argent a complexifié l’adaptation pour de nombreux acteurs. Pour beaucoup de petites institutions crypto, les coûts de mise en conformité se sont révélés économiquement intenables. Certaines entreprises ont préféré retirer leur candidature, tandis que d’autres cherchent des partenariats avec des entités déjà licenciées ou se préparent à quitter le marché.

Les grands acteurs ne sont pas épargnés par cette restructuration forcée. Si des entreprises comme Circle se sont mises en conformité avec l’émission de leurs stablecoins, d’autres font face à des restrictions sévères. Tether, par exemple, reste exclu de l’écosystème régulé en refusant de solliciter l’autorisation nécessaire, tandis que Binance a dû ajuster sa stratégie suite à des préoccupations réglementaires.

« Le processus de transition vers le cadre MiCA impose une restructuration profonde du marché, forçant les acteurs à élever leurs standards de protection des consommateurs et de gouvernance institutionnelle », souligne un expert du secteur financier européen.

La fin de la tolérance réglementaire

L’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) et les autorités nationales, comme la CNMV en Espagne, ont été formelles : aucune extension ne sera accordée. La simple possession d’un dossier en attente ne confère aucun droit d’exploitation. Les plateformes non autorisées devront cesser les dépôts et entamer la transition des actifs clients.

Un point de friction majeur subsiste concernant la « sollicitation inversée ». Cette règle autorise théoriquement un citoyen européen à utiliser une plateforme étrangère non licenciée à condition qu’il soit à l’initiative de la démarche. Toutefois, l’ESMA a durci sa position : si une entreprise étrangère utilise un langage localisé, cible des adresses IP européennes ou adapte son interface pour le marché européen, elle tombe sous le coup de MiCA. Les régulateurs utilisent désormais des outils de web-crawling pour identifier les plateformes offshore cherchant à contourner la réglementation tout en ciblant subtilement les utilisateurs européens. Les contrevenants s’exposent à des amendes lourdes et à des poursuites pénales.

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