PARIS, 3 juillet (Le Parisien Matin) – La France a enregistré une hausse spectaculaire de la mortalité lors de la période la plus intense de la canicule observée en juin dernier. Selon les données communiquées par Santé Publique France, le pays a connu une augmentation de 29,1 % du nombre de décès sur la période allant du 22 au 28 juin, ce qui représente 2 025 décès supplémentaires par rapport à la semaine précédente.
Cette période a été marquée par des températures dépassant localement les 40°C, faisant de ce mois de juin le plus chaud jamais enregistré dans l’Hexagone depuis 1947.
Des disparités géographiques marquées
L’impact de cet épisode climatique extrême n’a pas été uniforme sur le territoire national. La région Île-de-France a été particulièrement touchée, affichant une progression de 62,8 % des décès enregistrés en une semaine. La région des Pays de la Loire a également subi une augmentation très marquée de la mortalité. Ces chiffres, bien que précis, restent encore partiels selon les autorités sanitaires, qui alertent sur le fait que le bilan définitif devrait inévitablement s’alourdir à mesure que les données régionales seront consolidées.
L’analyse détaillée des statistiques met en lumière une réalité préoccupante : les décès survenus au sein des domiciles privés ont presque doublé, enregistrant une hausse de 91 % sur une semaine. Par ailleurs, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ont rapporté une augmentation de 37 % des décès, tandis que la mortalité hospitalière a progressé de près de 20 %. Les données confirment que ce phénomène a principalement affecté les individus âgés de 45 ans et plus, les personnes de plus de 65 ans représentant la part la plus importante des victimes.

Tension sur le système de santé
L’afflux soudain de patients souffrant de déshydratation sévère, d’insuffisances rénales ou de coups de chaleur a mis les infrastructures médicales à rude épreuve. À Paris, la saturation des services mortuaires a forcé certains établissements à refuser des prises en charge face au manque de place disponible. Outre ces enjeux sanitaires directs, l’événement a engendré des conséquences multiples, notamment une recrudescence des accidents de noyade, avec 72 décès enregistrés depuis le 18 juin. Les épisodes de sécheresse prolongée ont également favorisé le déclenchement de près de 7 000 incendies de forêt, perturbant les transports et les services publics.
Si les météorologues soulignent que cette vague de chaleur a été plus intense que celle de 2003, les autorités de santé estiment que le bilan final devrait rester inférieur aux 15 000 décès constatés il y a plus de deux décennies, grâce aux protocoles de réponse modernisés. Toutefois, les experts hospitaliers anticipent que le nombre total de décès pourrait dépasser les 5 700 victimes observées lors de l’épisode extrême de 2025. Le directeur général du système hospitalier parisien, Nicolas Revel, a déclaré :
« Bien que nous observions une nette augmentation chez les 45-64 ans, les personnes âgées de 65 ans et plus constituent la plus grande part des décès. »
La gestion de cette crise a ravivé les tensions politiques, une motion de censure ayant été déposée contre le gouvernement de Sébastien Lecornu par les oppositions. Les critiques portent notamment sur l’absence de mesures structurelles suffisantes pour protéger les citoyens isolés et sur le manque d’adaptation des centres urbains face à la multiplication de ces épisodes caniculaires.


