BRUXELLES, 4 juillet (Le Parisien Matin) – La Commission européenne a confirmé le maintien de l’interdiction des importations de viande bovine en provenance du Brésil. Cette mesure, qui entrera officiellement en vigueur le 3 septembre 2026, met un terme à une période d’incertitude commerciale et diplomatique. Malgré les tentatives de négociation menées par Brasilia pour éviter ce couperet, les autorités européennes restent fermes sur les exigences de sécurité sanitaire liées au règlement d’exécution 2026/1189.
Cette décision fait suite à des années de tensions concernant les pratiques agricoles sud-américaines. La Commission européenne a ciblé l’utilisation d’antimicrobiens restreints dans la production animale. Les audits menés par les experts de Bruxelles ont mis en lumière des lacunes persistantes dans la traçabilité des produits et une utilisation inappropriée d’antibiotiques au sein des exploitations brésiliennes.
Les normes de santé publique sont au cœur de cette interdiction. Le bloc européen applique rigoureusement sa politique « One Health », qui prohibe l’usage de médicaments essentiels à la santé humaine dans l’élevage. En particulier, les promoteurs de croissance, ainsi que des substances comme la colistine, les fluoroquinolones et les céphalosporines de troisième et quatrième génération, sont désormais strictement exclus des chaînes de production destinées au marché européen.
Le champ de cette restriction ne se limite pas à la viande bovine. L’interdiction frappe une large gamme de produits agricoles, incluant la volaille, les poissons issus de l’aquaculture, le miel ainsi que les boyaux et boyaux de saucisse. Cette mesure radicale vise à protéger le consommateur européen contre les risques de résidus chimiques et hormonaux, notamment après des scandales passés impliquant la présence d’hormones cancérigènes comme l’oestradiol 17ß dans certaines viandes importées.
Une source proche du dossier a déclaré :
« L’Union européenne confirme son cap et maintiendra l’application de cette interdiction sur les produits bovins brésiliens dès le 3 septembre prochain ».

Le secteur agricole brésilien, qui exporte pour plus d’un milliard de dollars de bœuf et près de 800 millions de dollars de volaille vers l’UE chaque année, subit un choc économique majeur. La perte de cet accès au marché européen contraint les producteurs à réorienter leurs volumes vers d’autres plaques tournantes mondiales, notamment la Chine. Cette situation exacerbe également les frictions politiques concernant l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, les syndicats agricoles européens exigeant des standards de production équivalents pour éviter toute concurrence déloyale.
Pour tenter d’inverser la tendance, le ministère de l’Agriculture du Brésil a déployé des mesures de contrôle interne renforcées. Les sites de transformation doivent désormais se soumettre à des systèmes de documentation auditable. Parallèlement, les éleveurs sont tenus de garantir une traçabilité totale du cycle de vie des bovins destinés à l’exportation. Ces efforts diplomatiques et techniques se poursuivent au sein de la Direction générale de la santé de la Commission européenne, sans toutefois remettre en question la date butoir du 3 septembre.
L’impact sur le marché européen est déjà anticipé. La suppression de l’un des plus grands fournisseurs extérieurs de viande maigre et de volaille devrait entraîner une tension sur l’offre. Cette raréfaction des produits importés est susceptible de provoquer une hausse des prix dans le secteur de la transformation alimentaire et de la restauration collective. À l’inverse, les éleveurs européens bénéficient d’un avantage concurrentiel immédiat, leur production certifiée devenant plus rare et donc potentiellement plus valorisée. Les analystes soulignent que cette interdiction est l’aboutissement d’une série de crises sanitaires ayant ébranlé la confiance des régulateurs européens au cours de la dernière décennie.


