ANKARA, 8 juillet (Le Parisien Matin) – Emmanuel Macron a déclaré que l’Europe avait renforcé avec succès son rôle au sein de l’OTAN. S’exprimant en amont du sommet de la Coalition des volontaires prévu le 13 juillet, le président français a affirmé que les changements qu’il préconise depuis longtemps prennent forme. Les dépenses de défense européennes sont en hausse et l’autonomie s’accroît. Le chef de l’État estime que l’Europe investit massivement pour sa propre défense et la sécurité de sa souveraineté tout en consolidant le pilier européen de l’alliance.
Selon le président français, la réorganisation des efforts américains est légitime. Les Européens doivent s’organiser pour leur propre survie et non pas seulement parce qu’un allié le demande. L’Europe développe ses propres systèmes de défense antimissile, des capacités de frappe de précision à longue portée, des réseaux d’alerte avancée et des structures de commandement optimisées par l’intelligence artificielle. Les pays membres cherchent aussi à protéger leurs industries de défense pour acheter prioritairement des équipements fabriqués sur le continent européen.
« Si nous dépensons plus, ce ne doit pas être simplement pour acheter des équipements non européens. »
Présence militaire sur le flanc oriental
La France participe activement aux nouvelles rotations de forces de l’OTAN en Finlande, aux côtés de la Suède et de la Finlande. Ces déploiements placent des troupes françaises à proximité de la frontière russe. Malgré la pression sur les finances publiques, Paris maintient ses objectifs de dépenses de défense et conserve des troupes stationnées en Roumanie ainsi que dans les États baltes. De plus, la France élargit sa coopération stratégique concernant la dissuasion nucléaire avec ses alliés européens.
« Les États-Unis ont annoncé un redéploiement de leurs efforts, ce qui me semble tout à fait légitime, et les Européens doivent s’organiser en conséquence », a déclaré Macron.
Les dépenses globales de défense en Europe ont progressé de manière significative, passant de moins de 250 milliards d’euros en 2021 à environ 454 milliards d’euros en 2026, soit 2,4 % du produit intérieur brut. Lors de la réunion d’Ankara, les membres de l’alliance doivent présenter des plans crédibles pour investir 5 % de leur PIB dans la défense d’ici 2035. La position française vise ainsi à consolider l’autonomie industrielle du continent.
Prochaines étapes pour la coalition Ukraine
La rencontre planifiée le 13 juillet doit réunir environ 35 dirigeants centrés sur des enjeux de sécurité cruciaux. Les discussions porteront sur la lutte contre la flotte fantôme utilisée par la Russie pour contourner les restrictions commerciales internationales. Les participants aborderont l’approvisionnement direct de Kiev en nouvelles capacités militaires et en armements modernisés. La mobilisation des industries de défense permettra d’accélérer les délais de fabrication. Enfin, le sommet renforcera la synergie opérationnelle entre les soutiens internationaux de l’Ukraine.
L’évolution de la posture européenne au sein de l’alliance s’inscrit dans un contexte de tensions prolongées. En renforçant sa présence militaire et sa production industrielle, l’Europe entend assumer une part accrue de la charge sécuritaire collective. Les annonces faites lors du sommet d’Ankara préfigurent les décisions opérationnelles attendues lors de la réunion de la Coalition des volontaires.


