PARIS, 9 juillet (Le Parisien Matin) – Une cour d’appel a confirmé la culpabilité de la dirigeante du Rassemblement national pour détournement de fonds européens destinés au paiement de collaborateurs du parti. La justice a infligé à la responsable politique une peine d’un an de prison sous bracelet électronique. Les juges ont néanmoins réduit sa peine d’inéligibilité, levant ainsi l’obstacle juridique qui l’empêchait de briguer la présidence française.
L’ancienne présidente du RN a immédiatement formé un pourvoi auprès de la Cour de cassation pour contester cette décision. La plus haute juridiction judiciaire française a indiqué son intention de rendre son arrêt définitif d’ici au début du mois d’avril 2027, soit quelques semaines seulement avant le scrutin.
Une domination marquée dans les intentions de vote
Les récentes enquêtes d’opinion réalisées par les instituts Ifop et Toluna Harris Interactive dressent un panorama précis des intentions de vote après le rendu de la décision de justice. L’étude Ifop place la candidate en tête du premier tour avec 36 % des voix, marquant une progression par rapport à ses scores précédents situés entre 32 % et 34 %. Aucun autre rival ne dépasse la barre des 19 % dans ces projections.
Les résultats des simulations de second tour confirment cette dynamique favorable face aux principales figures politiques du pays. Face à l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, la candidate obtiendrait 49 % des suffrages selon Harris Interactive, un résultat qui s’inscrit dans la marge d’erreur. Opposée à Gabriel Attal, elle l’emporterait avec 45 % des voix, tandis qu’un duel face à Jean-Luc Mélenchon se soldera par une victoire très large de la candidate d’extrême droite.
Des réactions politiques vives et un électorat divisé
Le lancement officiel de la campagne présidentielle de la députée met en lumière une polarisation importante de la société française. Lors de ses déplacements sur le terrain, la candidate a reçu les encouragements de ses partisans aux cris de « Marine Présidente », tout en faisant face aux huées de contre-manifestants lui ordonnant de rendre l’argent.
Le paysage politique reste profondément marqué par ces révélations judiciaires et leurs retombées directes sur la campagne. Réagissant à la publication de ces nouvelles données d’opinion, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a qualifié la représentante du Rassemblement national de « redoutable candidate ».
Les données publiées par l’institut Elabe pour BFM TV révèlent par ailleurs que sept Français sur dix ne croient pas à l’innocence de la responsable politique. Au sein même de son propre électorat, 32 % des sympathisants du Rassemblement national désapprouvent son choix de maintenir sa candidature à la suite de cette condamnation pénale.


