BRUXELLES, 11 juillet (Le Parisien Matin) – Le nouveau système de contrôle aux frontières de l’UE, baptisé Entry/Exit System (EES), provoque des perturbations majeures dans les aéroports européens. Depuis son déploiement complet en avril 2026 au sein des 29 pays de l’espace Schengen, ce dispositif numérique remplace les tampons physiques sur les passeports par une collecte de données biométriques obligatoires. Pour les voyageurs hors UE, la situation se traduit par des files d’attente atteignant parfois cinq heures.
Le cœur du problème réside dans la nécessité, pour chaque visiteur non européen effectuant son premier passage, de se soumettre à un scan facial et une prise d’empreintes digitales. Ce processus, bien que sécuritaire, allonge considérablement le temps de traitement individuel. À cette contrainte technique s’ajoute un manque de personnel aux points de contrôle, incapable de gérer les flux massifs de la saison estivale.
Dans des hubs majeurs comme le port de Douvres ou certains aéroports internationaux, les infrastructures automatisées peinent à répondre aux attentes. De nombreuses bornes d’enregistrement connaissent des bugs ou une inopérabilité chronique. Les voyageurs subissent une procédure en deux temps : une étape obligatoire à la borne, suivie d’une vérification manuelle par un agent, ce qui double mécaniquement le temps d’attente.
Le secteur aérien, représenté par des organismes comme l’IATA, a formellement demandé une suspension temporaire des contrôles EES pour fluidifier le trafic. Cependant, les autorités européennes maintiennent leur position. Malgré les critiques, elles estiment que le dispositif est essentiel pour la sécurité collective. Un responsable européen a déclaré :
« Bien que le système EES ne soit pas parfait, les bénéfices sécuritaires surpassent largement les coûts opérationnels actuels. »
Les conséquences sur le terrain sont visibles : des vols partent à moitié vides en raison des passagers coincés dans les terminaux, tandis que des correspondances sont manquées. Certains aéroports, notamment à Rome, procèdent parfois à des suspensions locales du système durant les pics d’affluence pour éviter une paralysie totale. Cette flexibilité reste toutefois limitée et dépend des décisions prises par les gouvernements locaux sous des conditions extrêmes.
Face à cette situation, les compagnies aériennes recommandent aux passagers d’arriver au moins quatre heures avant leur vol international pour absorber d’éventuels imprévus. Il est également conseillé de surveiller activement les notifications de sa compagnie aérienne, qui peut parfois décaler un départ pour attendre les voyageurs retardés. Enfin, la patience reste de mise, car les pratiques varient d’une destination à l’autre selon la rigueur appliquée par les autorités de contrôle locales.


