PARIS, 11 juillet (Le Parisien Matin) – Les représentants des nations alliées se retrouvent ce lundi 13 juillet à Paris pour une réunion de haut niveau de la « Coalition des volontaires ». Sous l’égide du président français Emmanuel Macron, cette rencontre internationale vise à structurer un projet ambitieux de bouclier antimissile balistique européen, avec une implication directe de l’Ukraine.
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, ainsi que les dirigeants des institutions européennes Ursula von der Leyen et António Costa figurent parmi les participants attendus.
Une stratégie articulée autour de trois axes
Selon des sources diplomatiques proches du dossier, les échanges se concentreront sur trois piliers fondamentaux pour répondre à l’intensité des menaces balistiques russes. Le premier volet concerne le transfert immédiat de batteries de défense aérienne et d’intercepteurs, tels que les systèmes Patriot et SAMP/T, vers les forces ukrainiennes. L’objectif est de combler rapidement les lacunes opérationnelles sur le terrain en mobilisant les stocks existants au sein des pays alliés.
Le second axe porte sur le renforcement de la coopération industrielle entre les entreprises de défense européennes. Il s’agit d’intégrer davantage les chaînes de production et les architectures anti-missiles pour assurer une maintenance et un approvisionnement continus. Enfin, le troisième pilier prévoit le développement conjoint de systèmes de nouvelle génération, capitalisant sur l’expertise acquise par l’Ukraine lors du conflit actuel.
Vers une autonomie défensive accrue
L’urgence de cette initiative découle d’une volonté de réduire la dépendance envers les stocks américains, particulièrement dans un contexte de pénuries mondiales. Le président Zelenskyy insiste sur la nécessité de créer des réseaux anti-balistiques produits en masse et accessibles financièrement pour sécuriser le continent européen. En marge de cette coopération, l’Ukraine poursuit parallèlement le développement de son propre système, baptisé « Freya », qui intègre des composants issus de partenaires industriels européens majeurs comme les groupes Thales et Hensoldt.
« Nous essayons de combiner notre expérience, notre savoir-faire et l’expertise de nos industries de défense. Je peux confirmer qu’il y aura en effet une session dédiée en marge de la réunion de la Coalition des volontaires pour faire avancer ce travail sur la création d’un système de défense antibalistique européen »
A déclaré une source diplomatique à l’Élysée.
Un agenda élargi pour la sécurité régionale
Au-delà de la question spécifique du bouclier antimissile, les trente-cinq dirigeants présents à PARIS aborderont des sujets cruciaux pour l’avenir de la sécurité européenne. Parmi les priorités figurent la mise en place de garanties de sécurité à long terme et l’élaboration de protocoles de surveillance en cas de futur cessez-le-feu. La lutte contre la « flotte fantôme » maritime, utilisée par la Russie pour contourner les restrictions sur ses revenus, constitue également un point central de l’ordre du jour.
La dynamique de cette « Coalition des volontaires » continue de s’élargir, avec l’adhésion récente de la Moldavie et de la Macédoine du Nord. Les discussions visent à accélérer la mobilisation industrielle militaire tout en approfondissant la coopération opérationnelle entre les pays soutenant Kiev. Cette coordination renforcée s’inscrit dans la continuité des sommets récents de l’OTAN et du G7, marquant une volonté européenne d’assumer une part croissante de sa propre sécurité.


