BELGRADE, 11 juillet (Le Parisien Matin) – La Serbie a franchi une étape décisive dans le renforcement de ses capacités militaires en intégrant des missiles supersoniques chinois CM-400AKG sur ses chasseurs MiG-29SM. Cette manœuvre, confirmée par le gouvernement serbe, transforme radicalement le profil opérationnel de son aviation.
Le pays devient ainsi le second opérateur mondial de ce système d’arme sophistiqué, après le Pakistan, marquant une transition technologique significative pour une flotte traditionnellement basée sur des équipements d’origine soviétique.
Cette intégration est rendue possible grâce au système WZHK-1, une interface dite « plug-and-play » développée par la China National Aero-Technology Import & Export Corporation (CATIC). Ce dispositif permet d’utiliser des munitions de précision chinoises sans modification structurelle majeure des systèmes avioniques ou des calculateurs de tir du MiG-29SM. Ce choix technique permet à Belgrade de contourner les coûts prohibitifs d’une refonte complète de son architecture de combat, tout en offrant à ses pilotes une capacité de frappe à longue portée inédite dans la région.
Performances du missile et capacités de frappe
Le missile CM-400AKG, conçu par la China Aerospace Science and Industry Corporation (CASIC), se distingue par ses caractéristiques cinétiques. Capable d’atteindre des vitesses situées entre Mach 4,5 et Mach 5 lors de sa phase terminale, ce projectile quasi balistique pose un défi complexe aux systèmes de défense aérienne conventionnels. Avec une portée opérationnelle pouvant atteindre 400 kilomètres selon les conditions de tir, il permet aux forces aériennes serbes d’engager des cibles stratégiques, telles que des infrastructures durcies ou des postes de commandement, depuis une distance de sécurité confortable.
Le président serbe Aleksandar Vučić a confirmé l’importance de cette acquisition lors d’une déclaration publique :
« Nous possédons une quantité considérable de missiles CM-400AKG et nous avons l’intention d’en acquérir davantage à l’avenir. »

Un équilibre des forces aériennes en mutation
L’arrivée de cet armement dans les Balkans suscite des interrogations sur la stabilité régionale et l’équilibre des forces. Bien que la Serbie continue de diversifier ses approvisionnements, incluant l’achat récent de chasseurs français Dassault Rafale, l’introduction de la technologie chinoise via le CM-400AKG modifie la donne stratégique. La capacité de frappe standoff à distance de sécurité permet à Belgrade de projeter une menace crédible contre des systèmes de défense aérienne sophistiqués, souvent comparés à des boucliers anti-aériens de pointe.
Sur le plan tactique, le recours à ce missile ne dépend plus uniquement des capacités radar internes du MiG-29SM. L’utilisation de données de ciblage externes permet aux pilotes de transformer des plateformes aériennes anciennes en vecteurs de précision redoutables. Cette stratégie reflète une tendance mondiale où la modernisation des flottes aériennes passe désormais davantage par l’intégration modulaire d’armements avancés que par le remplacement systématique des cellules vieillissantes.
Cette évolution technologique souligne la montée en puissance de l’industrie de défense chinoise sur le marché européen. En proposant des solutions interopérables capables de s’adapter à des aéronefs de conception russe, Pékin offre une alternative compétitive aux pays souhaitant accroître leurs capacités de dissuasion. Pour les observateurs militaires, l’intégration du CM-400AKG sur des appareils européens marque une rupture dans l’architecture sécuritaire du continent, imposant une réflexion sur la résilience des systèmes anti-aériens face à des menaces supersoniques mobiles et polyvalentes.


